Les Images interdites de la Grande Guerre exposition du 1er au 23 octobre 2014

Les Images interdites de la Grande Guerre, Exposition au Centre Panthéon - Galerie Soufflot. Malgré l'emploi du terme "images" dans l'intitulé, l'exposition porte uniquement sur les photographies, occultant totalement hélas la censure du dessin de presse, des cartes postales et des images dessinées en général. Présentation des organisateurs :

Cette exposition a l’ambition de présenter des images de la Grande Guerre de manière inédite et originale puisqu’elle dévoile des photographies qui n’ont pas été vues par les contemporains du conflit. En effet, toutes les images présentées sont des images censurées pendant la guerre, des images interdites. Premier organisme de production d’images officielles en Europe et dans le monde, la Section photographique de l’armée (SPA) reste particulièrement vigilante quant à la diffusion de ses clichés.

Créée au printemps 1915 pour intégrer un programme plus large de propagande, la SPA est née d’un consensus entre le ministère des Affaires Étrangères, le ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts et le ministère de la Guerre. Le ministère des Affaires Étrangères identifie les besoins de la propagande à l’étranger, le ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts fournit ses moyens techniques et son savoir-faire, le ministère de la Guerre donne les hommes, la logistique et l’accès au front. La SPA travaille sur ordre exclusif du Grand Quartier général. Les sujets de ses reportages sont liés aux intérêts diplomatiques de la France mais aussi au contenu des images ennemies diffusées dans le monde, la SPA s’adaptant à l’actualité de la propagande ennemie. Enfin, les reportages répondent à la volonté politique de constituer des archives photographiques pouvant témoigner des faits devant l’histoire. D’autres ont vocation à réaliser un fonds documentaire à l’usage de l’armée. La SPA travaille aux cotés de la Section cinématographique de l’armée. Regroupées en 1917, les sections ont les mêmes objectifs, seul le support change.

La SPA possède des émissaires partout dans le monde. Elle contrôle, reproduit et diffuse elle-même ses clichés à des millions d’exemplaires suivant les besoins de la guerre.

Cependant, toutes ces images n’ont pas vocation à être connues. Ainsi, huit pourcents du fonds, constitué de 100 000 plaques de verre, ont été interdits par le comité de censure dédié exclusivement à l’examen de la production d’État.

Cette exposition présente une sélection de cinquante clichés séquencés en dix thèmes et deux parties.

Le premier ensemble montre les photographies censurées pour préserver la stratégie et les intérêts militaires français. Le visiteur découvre principalement des clichés révélant des matériels d’armement, leur mise en œuvre, leur fonctionnement, leur fabrication ou bien leur expérimentation mais aussi des positionnements devant rester secrets comme, les ponts, les routes camouflées ou les observatoires.

Le second regroupe des images dont la diffusion pourrait contrarier les intérêts diplomatiques et fragiliser la politique intérieure de la France. Ainsi, cet ensemble expose davantage les hommes de la Grande Guerre : civils ou militaires, blessés, internés, amputés, morts ou simplement n’ayant pas d’attitude jugée conforme. Elle illustre davantage les souffrances des hommes dans la tourmente de la guerre.

Au-delà des interdits ou de la censure, cette exposition révèle en outre, la puissance acquise et la puissance révélée de l’image pendant la Première Guerre mondiale. Elle met en perspective ses usages, souligne son appropriation par l’État en tant que véritable arme de guerre et outil de communication bien au-delà de la Grande Guerre.

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