Le site MELTYBuzz évoque une petite polémique sur les réseaux sociaux à propos de deux dessins de Plantu, l'un prenant pour théâtre le crash de l'Airbus de la Germanwings et l'autre évoquant la question de l'anorexie. Dans ce deuxième dessin, Plantu choisit d'invoquer l'ultra maigreur en faisant référence à la Shoah, montrant un soldat SS en train de sodomiser une prisonnière anorexique. Image ultraviolente et dérangeante bien sûr.

Que l'on apprécie ou pas ces dessins (je trouve pour ma part que celui montrant Hollande et Valls au commande de l'avion est bon et drôle), les réactions qu'ils suscitent (on peut évoquer également l'indignation sur tweeter à propos d'un tweet de Stéphane Guillon sur le crash de la Germanwings également) ne doivent pas étonner et finalement, les commentaires d'internautes ou des lecteurs sont indissociable du processus de publication de ce type d'images ou de blagues. Le recours à l'outrance et à la métaphore est toujours délicat, mais on a là l'essence même du dessin satirique qui opère sur la zone limite du dicible et de l’indicible, du tabou et du dévoilement, de la provocation et de la retenue. Une fois de plus, il s'agit d'une fausse polémique, mais elle illustre certainement une tendance lourde de ces dernières années : la difficulté pour la caricature d'instrumentaliser les émotions collectives sans susciter le rejet. On assiste à une sacralisation de cette émotion publique, comme ne la connaissaient probablement pas Hara-Kiri ou le premier Charlie Hebdo. Il faut tout de même avoir à l'esprit qu'à l'époque il était plus difficile pour les lecteurs de partager publiquement leurs états d'âme. La Toile favorise bien sûr la focalisation sur ce type d'expression minoritaire.

Ces dernières années des dessins évoquant la catastrophe de Fukushima, le dopage ou encore le crash du Rio Paris avaient suscité des réactions équivalentes et pour certaines émanant de personnalités politiques françaises ou étrangères...

GD

Tag(s) : #Point de vue