« Le dessin de presse en toute liberté », entretien avec Charlotte Contesse (Maison du dessin de presse de Morges en Suisse)

Comment est née la Maison du dessin de presse de Morges et quelle est sa raison d’être ? Peut-on comparer votre « maison » à un musée ?
Chaque année, pendant le festival Morges-sous-rire, se déroulait un salon des dessinateurs de presse. En 2009 la ville de Morges a donné à l’association qui organisait ce salon l’opportunité d’ouvrir une structure pérenne. De là est née la Maison du Dessin de Presse (MDP), qui est par ailleurs un musée. Nous organisons 4 expositions par année autour du dessin de presse.

La Maison du dessin de presse de Morges inaugure bientôt une exposition annuelle intitulée « Le dessin de presse en toute liberté » centrée sur les dessinateurs suisses. Le thème se veut-il une réponse aux événements tragiques du mois de janvier en France ?
Chaque été, la MDP invite les dessinateurs de presse suisses à exposer autour d’un thème. C’est l’occasion pour eux de présenter au public leur travail et pour nous de les accueillir « à la Maison » ! Quant à la thématique de cette année, elle se veut large. A chaque dessinateur de laisser parler son crayon !

Quels sont les dessinateurs les plus en vue actuellement en Suisse ?
Mix & Remix, Chappatte, Bénédicte, Valott, Herrmann, L’Epée,....

La presse suisse accorde-t-elle globalement une place importante au dessin d’actualité ?
Oui. Par exemple en Suisse romande, les premières pages avec les dessins de Chappatte dans Le Temps et Bénédicte et Valott pour le 24 Heures.

Quid de la télévision ?
Je pense à Mix & Remix qui intervient en direct à la télévision dans le cadre de l’émission de débats politiques Infrarouge.


Le métier de dessinateur de presse suisse est-il aussi masculin que dans le reste du monde ?
Oui mais avec quelques belles exceptions ! Prenons l’exemple de Bénédicte pour 24 Heures ou Caro pour Vigousse.

Comment caractériseriez-vous le dessin d’actualité « suisse » par rapport à son équivalent « français » ?
Bien sûr la Suisse n’a pas la même tradition historique du dessin de presse que la France ! Mais la Suisse a ses « stars » qui relaient l’actualité du pays. Il ne faut pas oublier que notre pays est partagé en trois zones linguistiques, donc de nombreux journaux.

Depuis quelques années ou décennies, quelles évolutions percevez-vous dans le métier, dans le style, le ton des dessinateurs et leur manière de traiter l’événement ?
Le monde des média a énormément changé ces dix dernières années et évolue à grande vitesse. Il y a de moins en moins de poste de dessinateurs de presse parce que de moins en moins de lectorat. Pourtant ils apportent un regard différent sur l’actualité ! Nous verrons comment les choses évoluent dans ce domaine, c’est un peu tôt pour le dire.

Les attentats du 11 janvier ont-ils changé la donne ?
Je ne pense pas pour la Suisse sur le long terme. Nous avons bien sûr assisté à un engouement pour le dessin de presse après ces événements mais le public oublie vite malheureusement !

Propos de Charlotte Contesse /// Conservatrice (Maison du Dessin de Presse), recueillis par Guillaume Doizy

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