LA CARICATURE DANS LE MAGASIN PITTORESQUE 1833 à 1914+1916 et 1917

Par Daniel Dugne

L'imprimeur Alexandre Lachevardière, le premier à importer en France une presse mécanique à vapeur (2) qui permet de tirer deux ou trois livraisons à la fois (1 et 1 bis) initie le projet de publier une encyclopédie populaire non spécialisée mêlant textes et dessins sur les sujets les plus divers. Il réussit à convaincre Charton d'être le rédacteur en chef. Ce dernier, héritier de Rousseau, du mouvement philanthropique, du saint-simonisme, souhaite améliorer le niveau d'instruction de tous et principalement des couches les plus défavorisées de la société. Mariage de l'industriel et du philanthrope.

Pour le contenu et le prix, le MP s'inspire du Penny Magazine (2 bis), publication anglaise à deux sous, et lui emprunte à ses débuts quelques articles et dessins, le temps de monter son propre atelier de gravure. Le prix de l'abonnement annuel par livraisons mensuelles n'augmenta pas jusqu'en 1870: 5 francs 20 centimes à Paris. Comparons avec L'Illustration:30 francs.

Charton s'adresse:

« au cœur, à l'imagination et au goût, et a pour but principal d'enrichir de distractions pures et instructives les loisirs de la vie intérieure et du foyer domestique, riche ou pauvre».

Il souhaite faire œuvre éducative, répondre à des besoins impérieux de connaissances (3) mais sans pour autant être un vulgarisateur des dernières recherches scientifiques, techniques, artistiques, littéraires. Il s'entoure de collaborateurs qui partagent le même idéal, fait appel aux meilleurs spécialistes du sujet. " La diffusion des connaissances est ainsi mise au service d'un idéal à la fois politique, philanthropique et moral" (1)

Marie Laure Aurenche rappelle que le mot pittoresque renvoie à la peinture. Dans une pédagogie qui se veut distrayante l'image est censée jouer un rôle accrocheur, notamment chez les liseurs occasionnels.

Ce magasin pittoresque offre un rayon « caricature » bien achalandé puisque sur les 84 années visitées, 60 abordent ce sujet : cela va du simple croquis en bas de page jusqu'à l'article étalé sur huit livraisons, du dessin de dimension modeste à la reproduction pleine page, de l'ébauche à la gravure ouvragée. On peut y chiner des réflexions théoriques, des biographies de caricaturistes, des analyses ou descriptions d'estampes satiriques, des reproductions de caricatures, isolées ou illustrant un sujet. Les caissons ne sont pas étanches, il arrive qu'un article soit enrichi d'une gravure commentée en quelques mots et vice -versa que le thème d'une estampe satirique soit développé.

Théories et Réflexions

Définir le mot caricature, polir le concept, n'a pas, pendant trente neuf ans, torturé les rédacteurs du MP. Jusqu'en 1871 les étiquettes valsent: estampe satirique, charge, caricature, calottine, j'en passe (4) .

Le grotesque et le rire font partie de la famille.

Une gravure du XVII° siècle, d'après un tableau d'André Both qui aurait inspiré Hogarth pour son Grenier du Poète, est qualifiée de grotesque et assimilée à la caricature :

"la composition d'Hogarth est tout un drame, celle d'André Both n'est qu'une caricature"(5).

Hiérarchie dans les arts il y a, et la caricature ne caracole pas en tête. Cette même année 1836, d'autres articles sont consacrés au grotesque avec un alphabet et avec la Casa Carolina à Pompéï (6).

On trouve une réflexion sur le rire dans deux articles. En 1838, sont cités la brochure de l'astrologue italien, l'abbé Damascène, et le livre de Poinsinet de Sivry où lors d'un dîner Destouches, Fontenelle et Montesquieu donnent leurs avis sur le rire (7). L'abbé distingue les tempéraments des hommes selon leur manières de rire:

" Le hi hi hi....serait particulier aux mélancoliques; les hé hé hé aux bilieux; les ha ha ha aux flegmatiques; et les ho ho ho aux sanguins".

En 1877, les différentes sortes de rire sont extraites du livre de Louis Philbert De l'esprit, du comique et du rire (1876) , consultable sur Gallica (8).

Les considérations sur le rôle de la caricature sont plus fournies. Elle a un rôle pédagogique, elle éduque en distrayant, elle est "un retour instructif et attrayant dans le passé". Mais il y a parfois des difficultés d'interprétation. Le problème est posé dans un article sur le musée de Rennes. Le rédacteur manque de références historiques pour analyser « une petite composition satirique» époque Louis XIII, aussi botte-t-il en touche en laissant «le champ libre aux conjectures et aux explications du lecteur» (9). Lecteur, " mon semblable mon frère ", pourquoi faudrait-il que je me fatigue?

La caricature aide à se battre contre la mort, contre les pouvoirs politiques. Elle est une arme pour oublier la terreur qu'inspirent les tyrans. Les danses macabres sont des caricatures, des railleries. On rit « à peu près comme les enfants chantent dans les ténèbres. Médire de ce que l'on ne peut vaincre, c'est une sorte de vengeance que l'on savoure. La satire est l'arme des petits et des faibles» (10). On retrouve cette idée chez Jules Vallès dans son article sur la caricature:"Nous ne vous demandons que le droit de rire un peu! c'est la consolation des pauvres et toute la vengeance des vaincus". (10 bis)

Puisque "la caricature ne respecte rien", il n'est pas surprenant que les iconoclastes refleurissent épisodiquement. Un article mentionne deux périodes: la première celle où «l'Occident se sépara définitivement de l'Orient» quand l'empereur Léon l'Isaurien promulgua l'édit de 726 qui abolissait le culte des images, la deuxième celle des protestants briseurs de statues (11).

Le caricaturiste en herbe qui souhaite être arrosé de conseils techniques risque de se dessécher sur pied. Quelques pages de Hogarth extraites de l'Analyse de la Beauté lui parlent de l'attitude des corps dans la caricature (12). Grandville apprend à découper des dessins et porter leur ombre sur un mur à l'aide d'une bougie (13). C'est encore Grandville qui enseigne à déclencher l'hilarité en classant systématiquement toutes les formes possibles de visage dans un petit nombre de figures géométriques. On leur donne un caractère moral distinct, on interprète les sentiments, les habitudes et la valeur intellectuelle de chacune des têtes. Obéir à des règles ne veut pas dire qu'un artiste puisse être imité dans ce qu'il a de plus original. Huit têtes gravées avec commentaires explicatifs complètent la leçon. Le rédacteur note que les adeptes de Gall et Lavater sont "en sympathie" avec le caricaturiste (14). Un article est, en bonne logique, consacré à Lavater en 1844 (15).

D'autres conseils sont inclus dans un article de 1872 étendu sur huit livraisons et dont le seul illustrateur est Gustave Doré (16). Il faut attendre cette date et la prise de conscience que la caricature est « un art qui a pris un... grand développement et qui est entré... profondément dans nos mœurs » pour que l'origine italienne du mot caricature soit donnée et que l'on essaie de définir sa spécificité. Carottons ce terrain fertile.

Enlaidir n'est pas le but, mais un moyen, le but est plus « élevé, plus intelligent », le but c'est « l'expression ».Trois dessins de Doré illustrent pédagogiquement cette réflexion. Le premier visage est laid, le deuxième, modifié, est « bouffon et ridicule », le troisième arrive à une plus grande expression « de vie et de physionomie... voulue et recherchée. Le véritable titre de noblesse » de la caricature est là.

Le caricaturiste attire l'attention sur une caractéristique, simplifie les lignes secondaires « pour laisser toute son importance au trait principal ».On donne en exemple et on analyse les casques des chevaliers du moyen- âge de Gustave Doré « un de nos plus grand artistes... à ses heures un caricaturiste inimitable ».

Un deuxième article traite de l'analogie entre la physionomie humaine et la physionomie animale. On remarque que les caricaturistes se servent des conventions: le lion est fort et courageux, le perroquet est le porte parole « du sot babillage... de la sottise verbeuse ».

Le troisième article unit rire et caricature, et déjà la question " peut-on rire de tout? " est posée. Citation: «...la caricature est un art. C'est l'art de faire rire, mais non pas de tous les sujets et par tous les moyens ». C'est un art, mais n'exagérons pas (si l'on peut dire), il y a une hiérarchie, le grand art, c'est tout de même la peinture: « En affirmant que la caricature est un art, je ne prétends pas la surfaire. Je conviens sans peine que l’art qui nous fait admirer la nature humaine vaut mieux que celui qui nous fait rire de ses travers et de ses prétentions ; j’avoue qu’il vaut mieux élever l’âme par la contemplation du beau que l’égayer par la vue du comique et du ridicule. Mais le rire, pourvu qu'il ne soit ni méchant ni ironique, est un plaisir inoffensif « et comme dirait un médecin, c'est un tonique pour l'esprit fatigué ».

N'allez pas chez le pharmacien, regardez plutôt des caricatures.

Pourquoi un pêcheur à la ligne qui sort de l'eau un chapeau fait-il rire? Parce que deux idées, deux « jugements » sont en contradiction. Longue patience mérite gros poisson or pêche dérisoire... donc « secousse de l'âme » donc rire. Plus la secousse est grande, plus l'hilarité s'accroît. Si « l'esprit » ne perçoit pas la contradiction, pas de secousse, donc pas de rire. Si vous avez l'esprit de l'escalier, et si votre escalier n'a pas trop de marches, vous riez, dans le meilleur des cas, le lendemain. Certaines personnes ne rient jamais:« les dédaigneux » comme Lord Chesterfield, « les délicats » comme Fontenelle, " les flegmatiques " comme Philippe III d'Espagne qui n'a ri qu'une seule fois dans sa vie (le coupable est Don Quichotte). N'oublions pas « les austères et les sublimes » qui pensent comme Lamartine que l'homme ne saurait être caricaturé puisqu'il a été créé à l'image de Dieu. La caricature toutefois ne doit pas se plaindre puisque avec Jean de la Fontaine, elle est « condamnée en trop bonne compagnie ».

Cependant, une distinction est nécessaire entre la caricature qui s'attaque « aux faiblesses et sottises » des gens en général et « la caricature-portrait... mode qui paraît fort en faveur aujourd'hui ». Elle est dangereuse pour deux raisons : soit la charge flatte la vanité et les mauvais instincts de celui qui préfère qu'on dise du mal de lui plutôt qu'on fasse silence sur ses qualités, soit elle humilie et rend ridicule la personne qui ne voulait pas être chargée.

Dans les deux cas, vous faites une mauvaise action. Les caricaturistes comme l'histoire le montre ont souvent abusé de la liberté et même « outrepassé la licence ». On ne caricature pas un infirme. Ce n'est pas parce qu'il est bossu que Mayeux est moqué, c'est parce qu'il s'offre lui-même aux coups de crayon en faisant le Don Juan et en se moquant des gens plus beaux que lui. L'article conclut par : « les œuvres vraiment durables de l'art du caricaturiste sont celles qui n'attristent pas le cœur des honnêtes gens ».

Le quatrième article s'interroge sur le rôle de la caricature. Se borne-t-elle à faire rire, fait-elle penser? Elle a un rôle de contrainte et de répression, elle a « le rôle utile mais sacrifié du chien de berger ». Le caricaturiste n'est pas un prédicateur encore que « Hogarth ait prêché, crayon en main, avec le plus grand succès ». Il corrige et donne des leçons de conduite. Quand un enfant crie et pleure, on lui montre son visage laid dans un miroir et il se tait : « Nous sommes des enfants, et la caricature nous tend le miroir ». Il y a récidive, déjà en 1837, on notait un lien entre le goûteur de caricatures et l'enfant.

La cinquième livraison est une mise à l'épreuve des principes antérieurement exposés avec l'analyse d'une des œuvres « les mieux connues de la caricature moderne... une des pages les plus naturelles et les mieux réussies de Gavarni ». Elle a pour légende : "Mère, est-ce que c'est le crevé de ce matin, que t'as dit que c'était toujours assez bon pour lui ?"

Suit une description du dessin et quatre questions :

1) cette caricature est-elle une œuvre d'art 2) fait-elle rire? 3) fait-elle rire de quelque chose de respectable? 4) Y a-t-il une leçon, soit de morale, soit de conduite à tirer de cette petite scène ?

Les réponses sont argumentées par un monologue intérieur de chacun des personnages puis par un monologue du critique qui s'adresse successivement au petit garçon, au convive puis à la mère. Le caricaturiste et la muse Thalie nous enfantent cet article-comédie.

Après la théorie, la pratique. La sixième livraison se propose d'examiner « les ressources et les procédés » du caricaturiste. Les légendes demanderaient une étude particulière, donc seul le dessin est étudié, avec ses lignes droites, courbes, ses lignes expressives. Topffer et son Essai de Physiognomonie est cité pour distinguer entre les signes expressifs passagers et les signes permanents, c'est à dire les traits du visage. Ces derniers ont « deux valeurs bien distinctes: une valeur abstraite qui tient à la forme extérieure déterminée par les lignes, et une valeur relative, qui change et varie selon le sens et l'expression des autres signes ». Le caricaturiste s'il veut être « vrai et vivant » ne doit pas se contenter de formules toutes faites, c'est pourquoi l'article ne prétend pas apporter de recettes « mais de simples observations faites sur nature ».

La septième livraison continue une étude de la tête, énumère ses différentes formes, sans oublier la poire, mais le champ est trop vaste, la récolte trop abondante, seul le nez est étudié : le nez bec d'aigle que Charlet affectionne pour représenter les grognards du premier empire, le pied de nez, le nez du Joseph Prudhomme d'Henri Monnier, le nez et ses couleurs.

La dernière livraison se préoccupe des gestes et de l'attitude, se penche sur les jambes et le bras, «manche articulé... de la main». Elle se termine par un appel aux gens sérieux à ne pas rejeter tout en masse, « il peut y avoir du bon, même dans cet horrible fatras ». Les lettres de noblesse sont recherchées dans la caricature littéraire, avec Homère, Cicéron, Virgile. Quintilien et ses avocats ridicules sont rapprochés des gens de justice de Daumier. Les classiques. comme La Fontaine, Racine et Saint-Simon, excellent dans la caricature. « La charmante marquise de Sévigné blasonne en caricaturiste consommée les sots et les fats ». La phrase qui conclut la série des huit article séduira qui de droit : « Tout homme d'esprit est un caricaturiste ».

En 1891 un deuxième article grassouillet développé sur 3 livraisons porte sur la caricature politique et religieuse (17). Il est signé Eugène Müntz qui n'ignore pas les historiens de la caricature Wright, Floegel et Champfleury mais leur reproche d'avoir négligé « la caricature militante... mise au service des passions politiques ou religieuses». S'intéresser à la caricature n'empêche pas Müntz de considérer que c'est une des formes inférieures de l'art où l'esthétique du laid l'emporte sur l'esthétique du beau. Il va chercher ses exemples chez les païens et leur christ « représenté de la façon la plus irrévérencieuse », trouve d'autres exemples chez l'archéologue russe Kondakoff qui a étudié, dans l'art byzantin les miniatures des manuscrits grecs compris entre la chute de l'empire romain et celle de l'empire d'Orient. Dans un psautier du neuvième siècle conservé à Moscou on trouve des caricatures consacrées aux iconoclastes, l'occasion d'un nouveau jugement de valeur : «Voilà, ou je me trompe fort, l'art mis au service des passions théologiques, l'art dégénéré en caricature ». Dégénéré... un mot qui n'a pas toujours de bonnes fréquentations.

C'est ensuite l'art italien du douzième au quatorzième siècle, qui retient son attention, l'art décoratif, monumental, l'art de la fresque dans des villes comme Florence ou Sienne. Les artistes italiens ne se sont pas contentés « d'une feuille de papier comme les Gavarni, les Daumier, les Monnier.... Les éléments satiriques ont tenu, dans la genèse de l'art italien, une place trop considérable pour pouvoir être négligés ». Si la caricature est une dégénérescence de l'art, il semble bien que ce spécialiste de la Renaissance italienne y prenne du plaisir puisque : «ces dissonances ont introduit de la variété dans une symphonie qui, sans elles, aurait été trop pure, trop idéale, trop séraphique, et, partant, trop monotone». La pureté.. les anges... la monotonie... on a beau aimé le Grand Art... Chantés par Henri Salvador, nos ancêtres les gaulois auraient fait chorus.

BIOGRAPHIES

Si les articles consacrés uniquement aux "dessinateurs humoristiques et fantasques, journalistes du crayon qu'on dédaigne" (17 bis) ne sont pas les plus nombreux, ils n'ignorent pas toutefois la caricature étrangère. Hogarth, outre les constantes reproductions de ses gravures de 1834 à 1879, est biographé avec des extraits de son livre L'Analyse de la Beauté, complétés par son autoportrait, par l'étude de six gravures et par des jugements de Walpole, Fielding et Charles Lamb. (18)

Hommage est rendu à Cruikshank à l'occasion de sa mort. Tout en reconnaissant qu'il est un maître qui ne tombera pas dans l'oubli, le rédacteur préfère Charlet et Gavarni, un petit cocorico qui chante le Beau car : « il y a plus d'art véritable chez ces maîtres et surtout moins de laideur, il n'est pas nécessaire que la caricature soit laide » (19).

Une petite vingtaine de demi-lignes sont consacrées au caricaturiste anglais Bunbury (1750-1811), l'occasion de rappeler qu'il était noble comme Cham,« notre excellent caricaturiste » (20).

Les comparaisons anglo-françaises semblent incontournables, nos caricaturistes seraient-ils le mètre-étalon? ou bien le MP éprouverait-il le besoin de rompre le cordon ombilical?

Deux caricatures de Loutherbourg, cet alsacien anglais, accompagnent sa biographie ainsi qu'une esquisse satirique entourée des conseils de Diderot au jeune peintre (28). Cet artiste nous permet de faire une transition (habile? merci) pour évoquer l'article consacré aux deux caricaturistes alsaciens Hansi et Zislin.

La première livraison est consacrée à Hansi, elle se termine par la condamnation du dessinateur à une amende et à la prison pour des caricatures où s'était reconnu un proviseur pangermaniste du Lycée de Colmar. La deuxième livraison rappelle les démêlés de Zislin avec la justice. La Chambre Correctionnelle de Mulhouse le condamna à huit jours de prison pour un dessin où figuraient des dragons allemands et à cent marks d'amende pour la représentation de l'aigle prussien enfonçant ses griffes dans le sein d'une alsacienne renversée sur le sol. Emile Hinzelin, l'auteur de l'article, donne beaucoup d'autres détails sur les procès. Son texte se termine par des anecdotes sur « cette pittoresque liberté d'humeur » des alsaciens. Un dessin de Zizlin montrant les Allemands à la Légion est utilisée la même année (page 57) pour illustrer un article sur la légion étrangère. L'année, comme par hasard, est 1916 (29).

Un autre francophone, Topffer, fait l'éloge dès 1836 du MP qui accomplit avec succès la tâche qu'il s'était proposée (29 bis). Ses collaborations, notamment celle de 1841 avec un croquis du Mont-Blanc au profil napoléonien, sont rappelées en notes dans un article nécrologique qui nous renseigne sur sa vie, son œuvre (21). Des extraits de Essai de Physiognomonie sont publiés en 3 livraisons en 1849 (22). Ce thème a du succès puisque la biographie de Lavater est publiée, enrichie de son portrait en fin de vie (23). Le MP reste fidèle à Topffer, il reproduit son buste ciselé par son fils Charles et cite le discours prononcé à l'inauguration de cette sculpture en 1880 (24).

Restons dans la sculpture avec la mention du monument de Daumier élevé à sa mémoire dans le cimetière de Valmondois, œuvre de Geoffroy-Dechaume (25).

Restons dans la nécrologie, avec l'article de Louis Fouquet sur le « remarquable artiste...l'homme excellent » qu'était Caran d'Ache (26).

La Danse des Morts. Abandonnons les morts et ne gardons que la danse avec ce dessin inédit de Granville publié en 1856, Scène de Bal. Au menu figurent également ses opinions sur cette agitation en musique et une liste de ses œuvres (27).

CARICATURES NUES

C'est en guise de cul de lampe que nous trouvons des caricatures ou des dessins satiriques sans explication ni commentaire. Topffer en est le fournisseur quasi exclusif avec 13 contributions de croquis inédits ou non (30). Un dessin de Cruikshank n'est utilisé qu'une seule fois en bas de page (31). Notons que ces culs de lampe ne s'étendent que sur une période de six ans, de 1883 à 1888 avec toutefois une petite exception en 1866: un billet autographe de Hogarth invitant un certain Monsieur King à dîner (32).

Moins dépouillées, plus nombreuses, d'autres caricatures sont habillées de quelques phrases explicatives ou enrobées d'un petit texte thématique. Ainsi quelques dessins "amusants petits traités de morale populaire" extraits de Le Livre d'un Célibataire ou les Aventures de M. Lambkin, Gentleman du "dessinateur comique" Cruikshank nous offrent une petite BD, une histoire non "racontée" mais "figurée". Il n'y a presque aucun mot à lire (33).

Une courte notice sur Henry Fielding, l'auteur de Tom Jones, est illustrée d'un portrait du romancier par Hogarth (35). Après l'Angleterre, l'Amérique.

Des blattes géantes venues d'Amérique ont envahi les jardins anglais, Cruikshank, encore lui, illustre d'une "scène comique" le cataclysme (34).

Venues d'Amérique, des enveloppes "de fantaisie" ont été publiées pendant la Guerre de Sécession, "presque toutes lithographiées et imprimées en une, deux ou trois couleurs". Elles font allusion aux événements et aux personnages politiques. Sur certaines les soldats sont animalisés (36).

Continuons le tour du monde. L'Allemagne fournit une gravure publiée en 1512 Le Semeur de Fous ( Schelmenzunft), Semez des fous, la récolte sera abondante. Il est mentionné que Murner, l'auteur, « fut accusé, non sans de sérieux motifs, d'avoir voulu déverser le ridicule, dans son texte et ses caricatures, sur des personnes considérables.....on dit même que sa vie fut en danger » (37).

Une caricature égyptienne montre un combat de chats et de rats tirée d'un papyrus conservé au Musée de Turin (41).

Un rédacteur semble étonné que la sculpture satirique "oie ferrée" qui décore la cathédrale de Beverley dans le Yorkshire, soit non seulement « amusante» mais qu'elle ait « par elle-même une certaine valeur d'art » (38).

Une gravure « le monde à l'envers » alimente la tradition du jockey qui porte son cheval ou du lièvre qui vise le chasseur(39).

Une bonbonnière satirique montre Madame de Maintenon qui, en jouant du bec et des ongles comme un perroquet, est parvenue à une situation ensoleillée (42). Ni l'auteur, ni le collectionneur ne sont mentionnés, on n'est jamais trop prudent.

Autre personnalité satirisée, la cantatrice Minguetti dans une gravure du 18°siècle (40).

ANALYSES DE CARICATURES

Les estampes satiriques et les caricatures analysées ou commentées ne sont pas limitées à un siècle, ne sont pas uniquement centrées sur la France, les petits comme les grands noms de la caricature ont leur place. Un portrait de l'homme du temps du 16° siècle est illustrée d'une caricature "entachée de mauvais goût". On peut ne pas partager cette appréciation. Le rédacteur donne deux interprétations de cette gravure (43).

Une gravure satirique du 17°siècle illustre un texte sur les emplois du temps respectifs de la femme et de l'homme (44). Une deuxième, inspirée de Michel Dorigny mais dont le caricaturiste reste inconnu dépeint Mansard « comme un fripon ». Le rédacteur se dispense de commentaire et renvoie à Bonnardot qui « dans sa curieuse Histoire artistique et archéologique de la gravure en France » en donne une description (47). Je suis son exemple, je renvoie.

Dans une troisième gravure du 17°siècle Le ON SI et MAIS, le ON représente l'opinion publique, le SI pégase qui nous transporte dans les sphères de l'idéal et le MAIS la devise sévère de la sagesse. Par le "crayon satirique", le ON devient " le gazetier des sots" , le SI "un petit abbé oisif et bavard, le MAIS " un vieux soldat mécontent et boiteux"(101)

Une estampe satirique de 1613 sur le mariage

« remarquable par le fini de son exécution et la variété des costumes et des accessoires » est suivie des « opinions de quelques philosophes touchant le mariage »(106).

Un petit rappel historique sur l'heure des soupers sous Henry IV et Louis XIV précède une estampe satirique du XVII ° siècle Monsieur de Goguelu. Sully dans ses mémoires nous apprend que les jours de fête et le dimanche, les amis, les parents, les voisins s'invitaient les uns les autres. Furetière dans son Roman Bourgeois ajoute que chaque invité amenait son plat, son salmigondis (110).

Six dessins à la sanguine sur onze sont reproduits, dessins « jetés sur le papier dans un moment de belle humeur » sans doute par Jacques de Favanne, fils de Henri, peintre ordinaire du roi. L'article donne quelques renseignements sur ces peintres du 18°siècle dont on a exagéré « dans un sens comique la démarche ou quelque tic particulier connu de leurs contemporains » (45).

Dans la livraison 8 de 1862 page 64, nous faisons connaissance d'un capitaine nostalgique de feu l'armée impériale.Quand il dévisse le pommeau de sa canne en bois tourné et qu'il l'éclaire, l'ombre de Napoléon est projetée. Le rédacteur déplore de n'avoir pas pu, pour illustrer son article, trouver un de ces petits jouets politiques séditieux que les Bonapartistes se montraient en secret au début de la restauration. Mais la livraison 26 page 203 nous apprend que

«des lecteurs bienveillants se sont empressés de nous communiquer, non seulement quelques-uns de ces petits bois sculptés offrant le profil de l'empereur, mais de plus l'estampe d'un bouquet de violettes dont les fleurs et les feuilles offrent les profils de Napoléon, de Marie-Louise et du roi de Rome ».

Petite indication sociale sur le lectorat du MP, un docteur " a envoyé deux petits morceaux de bois habilement tournés ".

Carle Vernet, " peintre distingué mais surtout célèbre caricaturiste" qui "excellait à saisir dans les scènes familières de la rue,l'angle, la courbe, le trait, l'attitude...des petites gens" nous montre des petits rentiers et des invalides jouant aux boules. Un chien participe au jeu en lâchant sa crotte.... à chacun son cochonnet. C'est l'occasion pour le rédacteur nostalgique de se souvenir de la rue Coq-Saint-Honoré, maintenant rue Marengo, où une foule s'attardait devant la vitrine pleine d'images de Martinet et dans « ce long couloir et ces nombreux rayons, tout chargés d'images, où plongèrent tant de fois et avec tant d'avidité nos regards d'enfants curieux »(46).Un rapprochement de plus entre enfance et caricature.

Les grands noms du dessin satirique sont à l'honneur qu'ils soient britanniques ou français. Les gravures les plus célèbres de Hogarth sont commentées avec moult illustrations pas moins de six fois et sur une période de 1833 à 1872, un intérêt bien constant. C'est le Hogarth redresseur de moeurs, le pourfendeur des vices, qui intéresse surtout les rédacteurs du MP (48). Mentionnons toutefois Christophe Colomb cassant l'oeuf une gravure offerte comme billet de souscription pour son livre Analyse de la Beauté (49). On pourrait s'étonner que les autres grandes séries gravées de l'artiste, La Carrière d'une Prostituée ( A Harlot's Progress), La Carrière d'un Libertin (A Rake's Progress) La Rue de la Bière et la Ruelle du Gin (Beer Street and Gin Lane) aient été écartées. Industrie et Paresse( Industry and Idleness) ne sont pas reproduites dans leur intégralité. Ni sexe ni sang chez les moralistes. Que de belles leçons de morale perdues! Mais si Hogarth est un " génie...plein de verve....son art est un peu exagéré". On est frileux, quatre planches sur huit de Cruikshank sont écartées parce qu'elles suscitent "des impressions trop pénibles pour être reproduites" (52). Le titre? La Bouteille.

George Cruikshank a deux autres gravures commentées.

La première, Le soldat de marine, a son explication suivie d'un jugement de valeur (50) :

LA CARICATURE DANS LE MAGASIN PITTORESQUE 1833 à 1914+1916 et 1917

La deuxième gravure, Les Oiseaux Voyageurs de la Manche, montre des hommes et femmes oiseaux de toutes classes, de tous métiers, qui voyagent pour s'enrichir d'expériences et revenir dans leur foyer plus amoureux de leur patrie que jamais.

Ces rapports entre l'humanité et l'animalité sont l'occasion de rappeler que Granville souffrait que l'on découvrît une intention « presque misanthropique alors qu'il n'avait vu simplement qu'une fine et délicate analogie » entre l'homme et la bête.

On nous dit qu'il était insatisfait des commentaires parfois arbitraires épinglés à ces dessins. Il ne faut pas théoriser mais laisser la poésie et « l'incertaine philosophie » gagner le lecteur, le laisser chercher et deviner.

Méthode pédagogique active. Ce qui n'empêche pas le rédacteur de commenter brièvement la gravure (51).

Chanter les mérites de la caricature anglaise n'interdit pas de lancer un nouveau cocorico au passage. Grandville, porte drapeau français dans la guéguerre des comparaisons internationales, est le dessinateur maison.

Le MP a publié des dessins inédits du vivant de l'auteur et a plusieurs fois chanté ses louanges. Trois articles lui sont consacrés rien que pour l'année 1840. Une Physionomie du chat est illustrée de 13 gravures, toute une portée féline, du contemplatif chaton à l'hypocrite matou (53). Suivent deux scènes de carnaval, Le Carnaval du Célibataire et Le Carnaval du Pauvre (pages 68 et 69), ainsi que des pages de musique composée et dessinée par Grandville. Le MP attendait que l'imprimerie se perfectionnât pour publier ces dessins en sa possession depuis plusieurs années (pages 244 et 408). L'année d'après c'est La Métamorphose de la Chrysalide(54) suivi en 1842 par Le Monologue de Baptiste où l'art de Grandville analyse non seulement les expressions dominantes de dix têtes mais aussi les nuances fines grâce à sa « précieuse flexibilité de talent »(55).

Une petite " fantaisie ", L'homme Descend Vers La Brute et L'animal S'élève Vers L'homme, est un billet aller-retour dans le train du darwinisme(56).

Deuxième voyage en 1844 avec la tête d'un homme qui se transforme progressivement en tête de batracien, le rédacteur n'est point bon prophète puisqu'il doute « que ce genre de portraits comparés fasse jamais la fortune d'aucun artiste », fortune n'étant pas pris dans le sens monétaire, à moins que Morschoine démente (57).

Un petit hommage posthume est rendu à Grandville en 1857. Lors d'une réunion musicale chez des amis Grandville a improvisé un dessin Guitare dans l'album de Madame Gabriel Falampin. C'est l'occasion d'admirer " la finesse d'analyse et toute la précision dans le détail qui caractérisent les meilleures œuvres de l'excellent collaborateur que nous regretterons toujours et que personne n'a encore remplacé " (58).

Le MP ne s'intéresse pas uniquement aux artistes les plus célèbres: il publie la seule caricature connue de Drouais, élève de David, le seul portrait connu du sculpteur Claude Michallon, mort d'une chute d'échafaudage dans une église en 1799. A qui se confier?(59).

CARICATURES ILLUSTRANT UN ARTICLE

Si des analyses de caricatures sont parfois suivies d'un petit développement thématique, il arrive qu'un bref commentaire de la caricature illustrative soit accroché à l'article. Un classificateur strictement exhaustif pourrait s'affoler.

Nous retrouvons pour illustrer les articles les grands noms anglais et français de la caricature.

Hogarth est choisi pour une étude sur le son(60), sur la perspective (61), sur le jeu (63), sur l'abandon du calendrier Julien par les Britanniques (65).

Un dialogue entre un philosophe et un poète est illustré par Le Grenier du Poète (62) et Hubridas « le poème comique » de Samuel Butler par quatre gravures (63). On lui attribue l'enseigne qui est suspendue dans le texte de J.Girardin Pour remplacer la peste (64).

Cruikshank est lui aussi sollicité pour un poème comique de William Cowper (66), pour La Case de l'Oncle Tom de Harriet Beecher Stowe (67), pour un article sur la domesticité en Angleterre (71), pour le monde surhumain des esprits et des fantômes (68), ainsi que pour Le Bâton de la Meggy, bâton magique qui punissait celui qui avait commis une injustice (70). Il dessine deux malheureux fiancés qu'une panne de chaise de poste et un oncle intraitable empêchent d'atteindre Gretna Green et la félicité du mariage (69).

Gillray est moins gâté. Il illustre Burke, le philosophe et homme politique opposé à la Révolution Française (72) ainsi qu'une discussion entre John Bull et son voisin sur la guerre avec la France et ses conséquences (73).

Deux caricatures sont insérées dans un article sur la mode. Une courte biographie du dessinateur est fournie en fin d'article. Elle cite Les Merveilles de la Gravure de Georges Duplessis qui estime que Gillray est « Le plus habile...le plus spirituel...le meilleur depuis Hogarth...on ne parait pas connaître beaucoup en France cet ingénieux artiste » (74).

C'est à Rowlandson que William Combe doit le succès de son livre "Le Docteur Syntaxe". Douze dessins mettent en valeur l'article sur cet écrivain (75).

Les champions français sont Grandville et Gavarni.

Grandville enrichit un Rabelais (76), une comédie du XV°siècle de Maistre Pierre Pathelin (77) et une deuxième comédie jouée à l'occasion du mariage de Claude de France et de Charles II Le Pauvre Villageois (78). Il est également mis à contribution pour un article sur l'allégorie avec " Le Printemps, L'été et L'Hiver"(79).

Sous la gravure Un bal d'insectes, aucun nom d'insecte ne nous est épargné. Bousier, Cerceris et Breute de Tremminck dansent avec Chrysophore et Cicindèle au son des Buprestes et Chrysomèles. Nous sommes une encyclopédie populaire qui veut accroître les connaissances de son lectorat. Grandville joint un billet d'envoi à son œuvre réalisée pour le MP. C'est lui qui a écrit le nom de « ces messieurs et dames dont (il) a religieusement conservé la forme..... ce qui donnera à cette fantaisie un caractère plus authentique et plus scientifique....il a fallu respecter toute la naïveté de ce petit monde créé à notre glorieuse image, et cependant accuser dans chaque personnage l'un des caractères variés les plus saillants que l'on observe dans nos salons...dans quelque bal.». Double but donc.Théophile Gautier, écrit : "il apportait l'exactitude du naturaliste dans les folies de la caricature" (17 bis). Une note indique qu'il faut considérer ce petit tableau comme le frontispice de quelques articles à venir sur les insectes (80).

Comme Un bal d'insectes avait reçu un bon accueil le MP publie Six barbes en trois secondes une « fantaisie » de Granville sur la grande mode des machines à vapeur. Les lecteurs pourront apprécier le « caractère à la fois comique et réfléchi … de cet artiste... Son crayon n'esquisse pas seulement la superficie des sujets mais est toujours guidé par une inspiration philosophique et originale ».

Suit un texte critique sur le rasoir à vapeur et tous les bouleversements que cette énergie dans le vent suscite (81).

On se propose de comparer un visage décrit par un poète et son illustration en peinture ou dessin. Grandville s'y emploie mais: « c'est un caprice de son crayon, qui ne supporterait pas sans doute un jugement sévère mais on lui tiendra compte de la difficulté, et on sourira à ses ingénieux efforts. Il n'était pas aisé d'atteindre le but en conservant à cette tête une apparence humaine ».

En somme, le pauvre a fait ce qu'il a pu (82).

Gavarni n'illustre pas moins de 15 articles. Les énumérer pourrait lasser mais ceux qui, comme Rabelais, Jules Verne ou George Perec, ont le goût de l'énumération, peuvent néanmoins lire la liste dans la note 83. Faisons une petite exception pour " Le livre d'Images" qui nous offre une appréciation sur le dessinateur apprécié des Goncourt:

« l'heureux et facile artiste » dont « la mémoire, riche d'observations fournit ...à son imagination mille formes opposées, mille réminiscences grotesques ou charmantes, qui ont à la fois l'attrait de la vérité et celui du caprice ».

Outre ses productions pour l'article de 1872, Doré fournit un dessin inédit pour illustrer un texte signé J.Girardin La Nuit de Noël. Descamps dépeint les connaisseurs en art (85). Une caricature d'Emile Cohl orne des articles sur Francisque Sarcey, Jules Lemaitre et Gustave Laroumet (90). Des vignettes de Métivet sont insérées dans un récit de Paul d'Ivoi (91).

Des artistes inconnus ou moins connus participent également à l'illustration.

Ainsi Pauson, peintre satirique grec amuse les Athéniens en représentant « les ridicules du corps et de l'esprit » Il propose contre récompense, lorsque son ombre aborde le Styx, de distraire Pluton qui s'ennuie à mourir. La solution est d'arracher les masques que les hommes empruntent sur terre pour se tromper les uns les autres. Il faut que les traits de chaque mort expriment son véritable caractère, ses vraies passions, au lieu de cette morne laideur uniforme qui déprime Pluton. Un dialogue, qui se veut comique, révèle la véritable personnalité d'un guerrier puis d'un sage. Deux caricatures grecques, dont une à grosse tête, accompagnent ce dialogue, révélateur de la véritable personnalité des protagonistes (84).

La caricature se trouve à tous les étages du Magasin.

Au rayon littérature, nous avons l'illustration d'une nouvelle L'Ours ventriloque (86), un texte sur Esope avec une caricature sise au Musée du Vatican (87), une caricature du 18°siècle pour Le Loup d'Angleterre aux Griffes d'Aigle (88), un dessin satirique pour le texte intitulé Le Duel d'Athelstane Holybeard (89). Les articles sur Victor Hugo ne sont pas, comme on pourrait s'y attendre, accompagnés de caricature du poète mais de celles de Daumier, croqueur croqué, qui a donné au Hanneton l'autorisation de "charger" et d'Eugène de Mirecourt publiée en 1867, des reproductions donc (92).

Le rayon art n'est pas très achalandé. Une estampe satirique de 1819 décore un article sur les plafonds nouvellement peints du Louvre (97), et un dessin Les Brocanteurs un dialogue entre un oncle et son neveu barbouilleur(98).

Le rayon géographie n'est pas plus fourni, on y trouve un reportage sur Saint-Saulge en Nivernais, avec des dessins humoristiques de Francis Guyonnet sur la vie locale et ses légendes (93).

Arras et sa prise nous acheminent vers le rayon histoire (94).

Les caricatures servent à documenter personnages, vie quotidienne et événements.

Nous rencontrons Jeanne d'Albret dans une peinture satirique (95). Giscard n'est pas le seul D'Estaing à être caricaturé puisque le Comte du même nom le fut en 1779 à l'occasion de la prise de l'île de Grenade. La gravure illustre ce haut fait d'armes (96). Un article sur Mathias Gallas, conseiller et chambellan du roi de Hongrie, rival de Wallenstein, est accompagné d'une caricature allemande le montrant brouettant son énorme ventre, un souffle que l'on peut imaginer nauséabond s'échappe sous un nez rouge sans doute, orné d'un bouton poilu (99). Le feld-maréchal Giulay a droit à son son portrait-charge datant de 1859 à l'occasion des fêtes qui célèbrent le cinquantenaire de la délivrance de la Lombardie (100).

La mode et les modes ne sont pas oubliées.Un commentaire de l'édit sur le luxe de 1634 est enrichi d'une caricature montrant la mode enterrée par des pleureuses et les différents corps de métier. Seul Héraclite rit (102). La mode des coiffures excentriques est moquée dans trois articles sur les coiffures du 18°siècle, le deuxième figurant la coiffure « à la belle poule » du nom de " la vaillante petite frégate qui combattit la flotte anglaise au large de Brest le 17 juin 1778 ". La troisième caricature se trouve dans une histoire du costume (103). Les dessinateurs britanniques ont beaucoup satirisé eux aussi ces architectures capillaires. Nous retrouvons le cheveu dans une estampe satirique montrant un petit clerc et son merlan, (son perruquier) (104). Une autre profession n'est pas épargnée, celle de médecin, dans une reproduction d'un tableau du peintre suisse Michel-Vincent Brandoin, qui est passé par l'Angleterre , ce qui explique peut-être la touche hogarthienne de la gravure (111).

L'engouement pour les aérostats est moquée dans la "volomanie (105), Les Nouveau Riches le sont dans une gravure satirique sur les agioteurs et prêteurs sur gages (112). Les embarras de Paris eux ne sont pas nouveaux, Boileau nous l'avait déjà appris, deux caricatures les soulignent (107).

Les événements dits grands ne sont pas absents. Deux caricatures sur la prise de Gand par Louis XIV sont l'occasion de parler de la paix de Nimègue et des espagnols (108).

Il faut attendre 1916, la guerre et le jeu des alliances, pour qu'Albert Dauzat signe un article sur la caricature Italienne avec reproduction de deux dessins. Selon lui, la dislocation de la Triple Alliance était prévisible, inévitable, il suffisait de connaître le peuple italien " ses aspirations et ses sympathies qui allaient ardemment vers la France, en dépit d'un pacte diplomatique artificiel, qui s'est écroulé au premier souffle de vent comme un château de cartes". Les journaux satiriques combattaient la neutralité, étaient pour les alliés. Le Numero « fondé peu avant la guerre, acquit en quelques semaines un succès inouï et son tirage dépassa cent mille. Les neutralistes cherchèrent à lui donner la riposte en créant le Mulo, mais le Mulo ne se vendait pas ». Les cibles favorites étaient bien sûr l'Allemagne,l'Autriche, Guillaume II, François-Joseph. Dauzat décrit quelques caricatures dues au "crayon justicier" italien (109).

Actualités

Ce n'est pas avant 1905 que des informations sont données sur l'actualité du dessin de presse. Dans le compte-rendu de la deuxième livraison du livre de Forain La Comédie Parisienne on vante:

" son trait cruel et incisif, son observation profonde, son amère philosophie. Les types de sa nouvelle galerie font défiler devant nous notre Société névrosée et perverse. C'est du meilleur Forain et c'est tout dire' (113).

La même rubrique actualité offre une anecdote sur Léandre et son jardin campagnard à Montmartre où il héberge chiens, chats, oies, poules, chèvres et un grand-duc. Pas d'illustration (114) .

Daumier est mis à contribution avec sa litho Souvenir du Congrès de la paix pour le compte-rendu, signé par le célèbre Hubault-Hupier, d'une exposition qui s'est tenue à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris sur le thème Paris historique et descriptif de 1848 à 1852 (115).

Les artistes qui participent à l'exposition du journal Le Rire dans le palais des Glaces des Champs Elysées en 1911 sont énumérés (117).

En 1905, la fête des « humoristes, ces chroniqueurs du crayon » est longuement rapportée. Ils ont créé une société pour venir en aide aux artistes en détresse. Les bénéfices de la fête de 1904 dont le thème était « le triomphe de Joseph Prudhomme » ont permis à la caisse de solidarité de venir en aide au dessinateur Japhet atteint de paralysie et d'éviter à la fille de Henri Monnier, " tombée dans l'extrême

misère " de finir ses jours à l'hôpital. Le comité, composé de Léandre, Abel Faivre, Louis Morin, Maurice Neumont, Abel Truchet, Bac, et Georges Redon, a choisi pour la fête de 1905 de rendre hommage à Jacques Callot ce qui avait le double avantage de « réparer une injustice envers le premier caricaturiste français » et de permette de faire vivre les planches de Callot en reconstituant, dans le hall du Casino de Paris, le XVII°siècle avec ses bateleurs et ses tenanciers de baraque de la foire du Pont-neuf, avec ses « gueux déguenillés qui tendaient leur feutre troué ». Avelot entre autres dessinateurs était un bohémien. Au

« Cabaret du Vin d'Anjou », Gottlob et Poulbot

« montraient au public comment les enrôlements pour le service du roi se pratiquaient ». Léandre, « artiste au crayon prestigieux et dévoué président de la Société », croquait tous ceux qui voulaient se faire caricaturer « pour une modique somme, proportionnée aux ressources de chacun». Il s'est représenté en pleine action sur un éventail, décrit et commenté à la fin de l'article. Un autre éventail est reproduit, celui de F.Thévenot. N'oublions pas la destination des bénéfices qui étaient également grossis par une tombola, le « Tournevire » dressée sur la scène du Casino. On pouvait gagner des dessins, aquarelles ou tableaux des artistes les plus renommés. D'aimables ribaudes, vendaient programmes, bouquets et éventails tous signés qui deviendront « des documents très estimés » est-il prédit.Conclusion: « La Caisse de Solidarité

Confraternelle » pourra « faire ignorer les heures tristes et moroses de l'existence ». Chaval, s'il eut vécu à cette époque, aurait pu écrire à sa «Chère Caisse» (116).

Articles sans illustration

Outre les informations sur l'actualité du dessin de presse, quelques articles traitant de la caricature sont dépourvus d'illustration, la définition de l'humour par Lord Chesterfield est même reproduite, brute de décoffrage, sans commentaire(118).

Un article intitulé « caricatures nationales au 17°siècle » donne des extraits d'un livre de Naudé «Jugement de tout ce qui a ésté imprimé contre le cardinal Mazarin etc..»(119). Saluons au passage cet esprit encyclopédique, « grand ramassier » de livres, bibliothécaire de Mazarin puis de la reine Christine de Suéde.

Il est question d'élever une statue à Gavarni « le grand caricaturiste ». C'est l'occasion pour Paul Bluysen de nous confier qu'il aime « beaucoup la caricature, surtout politique. Depuis quelques années, elle s'étale surabondamment à toutes les devantures des libraires ».

Il aime mais pas aveuglément, à l'exception de Forain « la majorité ne sait pas dessiner....l'ensemble des journaux pour rire est piteux, au point de vue artistique, s'il est quelquefois amusant ». On sentait chez Gavarni et Daumier « sous le caricaturiste, l'artiste qui possédait son anatomie et qui avait étudié la vie dans la rue ».(120).

« Le martyrologe de la presse » prend ses informations dans « une espèce de journal » de l'avocat Antoine Bruneau. Il indique à la date du 19 novembre 1694 que Rambault, le compagnon imprimeur de la veuve Charmot habitant rue de la boucherie et son garçon relieur de chez Bourdon ont été condamnés à être pendu, après avoir reçu la question ordinaire et extraordinaire, pour avoir publié des libelles infamants contre le roi et pour une une gravure où Louis XIV était tenu enchaîné par quatre femmes, Mesdames de La Vallière, de Fontanges, de Montespan, de Maintenon. On a retrouvé des paquets de libelles dans la Seine entre le Pont Notre-Dame et le Pont Aux Changes. Le graveur a pris la fuite (121).

FERMETURE

Après ce tour d'horizon quasi exhaustif (122), demandons- nous si un amateur de caricatures, né en 1833 et décédé à 84 ans, serait mort squelettique ou obèse s'il n'avait eu pour toute nourriture satirique que celle servie par le MP.

Quel fut le menu? En amuse-gueule, un peu de Forain, Léandre, Carand'ache, en plat principal les noms les plus célèbres de la caricature française et britannique sans oublier le reste de l'Europe. Il a même pu goûter à des nourritures plus exotiques comme l'égyptienne. Il a pu visiter les cuisines de la théorie, pratiquer les recettes pour mitonner une bonne caricature. Il a peut-être eu du mal à digérer la phrénologie, la physiognomonie ou autre craniologie. Pour finir, un café-gourmand avec un assortiment de délices cuisinés du Moyen-Age au 18° siècle et quelques dessins inédits de Grandville, Doré et Topffer.

Si cet amateur ingurgite toute cette nourriture en une seule journée, il risque l'occlusion intestinale mais si cette bonne chère doit durer 84 ans, reste-il sur sa faim?

Le MP a-t-il montré un intérêt particulier pour la caricature ou bien, fidèle à son rôle d'encyclopédie populaire illustrée, a-t-il traité ce thème avec la même conscience professionnelle qu'il a traité tous les autres? On a vu qu'un médecin avait réagi à un article, renseignement bien seulet pour savoir qui parmi les lecteurs s'intéressait à la caricature. Même si deux ouvriers peintres font l'éloge du MP (1 bis-bis) , sa clientèle est essentiellement composée de petits bourgeois ruraux provinciaux, avec pour toute culture des restes de baccalauréat (1ter), mais tout un chacun peut trouver matière à se réjouir l'oeil: ainsi l'écrivain Paul-Jean Toulet écrit le 4 Juin 1918 à son ami René Philipon que Le MP a publié des photographies de "quelques frises et reliefs gallo-romains de premier ordre" (123). Peut-on comparer avec les autres magasins et magazines du même type qui sont nés après lui et qui n'ont eu ni sa sa longévité, ni son succès immédiat? Dès le 31 décembre 1833, on pouvait assister " à la première d'un spectacle satirique, intitulé très explicitement Le Magasin pittoresque, revue en quinze livraisons"(1 ter- ter).

Puisque je ne réponds pas aux questions, fidèle à l'esprit d'un rédacteur du MP, je vous invite, avec quelque désinvolture je l'avoue, à apporter vos propres réponses.

Notes

1-Marie-Laure Aurenche : Edouard Charton et l'invention du Magasin Pittoresque. 1833-1870. Paris Honoré Champion. 2002.

La quasi totalité des informations générales sur le MP, non lues dans le magazine lui-même, a été recueillie dans ce livre, indispensable à qui veut mieux connaître le MP. On y trouvera non seulement des informations sur le MP et sur Charton, fondateur entre autres de L'Illustration et Le Tour du Monde mais aussi des renseignements sur la naissance de la presse populaire illustrée en France et en Angleterre, on y consultera des statistiques sur les différentes rubriques, le nom des premiers rédacteurs et leur origine professionnelle, le nom des graveurs, des illustrateurs.

-Voir également son article en ligne sur Media 19: L'invention des magazines illustrés au XIX°siècle d'après la correspondance générale d'Edouard Charton(1824-1890)

et les compte-rendus du livre par Patrick Berthier et Gilles Feyel, également en ligne

1 bis-M-LAurenche page 140

1 bis-bis-M-L Aurenche page 203

1 ter- M-L Aurenche page 450

1-ter-ter M-L Aurenche page 200

2- MP 1834 pages 383-384

2bis- Penny Magazine ( du 31-03-1832 au 31-10-1845)

3- MP préface à l'année 1833

4- Calottine: ce n'est pas, hélas, une caricature anticléricale mais une pièce de vers badine et satirique dit un dictionnaire Littré, (calottine écrit avec un seul t dans le titre d'un article).

Suite du menu pour les gourmands: satire, gravures satiriques, sujet satirique ,crayon, petite composition satirique, peinture satirique, peinture comique, scène comique, esquisse humoristique, estampe séditieuse, grotesques, railleries.

5- MP 1836 page 88

6-respectivement pages 12 et 13 et 101 avec une gravure de Van Vliet page 352. En 1838, un grotesque page 32 puis une salière de Guy Mergey page 8 en 1842 et enfin un grotesque italien Zani Cornetto en 1884 page 104

7-MP 1838-pages 277-278

8- MP 1877 pages 77-78

9- MP 1844 page 93

10-MP 1837 page 344

10 bis-J.Vallès Littérature et Révolution. Editeurs Français Réunis.1970.Article paru dans Le Figaro du 23-11-1865.

11-MP 1877 pages 260 à 262

12- MP 1837- page 225 avec gravure

13-MP 1847 page 61

14-MP 1836 page 388

15-MP pages 227 à 230

16--MP 1872 pages 35+83+123+166+238+267+340+379. Trois articles (p 166+238+267) ne sont pas illustrés.

17-MP 1891 pages 201 à 204 +233 à 236+281 à 283. Eugène Muntz,historien d'art, suppléant de Taine pour le cours d'histoire de l'art et d'esthétique entre 1884 et 1893. Karl Floegel: Geschichte des Groteskekomischen (1788)

17 bis-Théophile Gautier: J.J.Grandville dans Portraits contemporains.

18-MP 1835 pages 377 à 379

19- MP 1878 pages 308 à 310

20- MP 1881-page 244

21- MP 1847 pages 406-407,

22- MP 1848 pages 89 à 91+135-136+239-240

23-MP 1885- pages 391 à 394

24-MP 1880 pages 361-362

25-MP 1900 pages 514-515

26- MP 1909 page 42 après page 144

27-MP 1856 page 408.

28- MP 1860 page 44 et page 88

29-MP 1916 pages 107 à 109,117 à 120

29-bis MP préface de l'année 1837 et MC Aurenche page 210-211

30-MP 1883 pages 32,152,232 + 1884 pages 104 + 1885 pages 64 et 208 + 1886- pages 272 + 1887 pages 48,208,256 + 1888 pages 136, 328 et 392

31-MP 1886 page 392

32-MP 1866 page 104

33-MP 1883 pages 351 à 354 et 368 à 369

34MP -1851 page 88

35-MP 1872 page 312

36-MP 1866 page 192

37-MP 1882 page 96

38-MP 1881 page 208

39-MP 1881 page 216

40-MP 1881 page 264

41- MP 1882 page 264

42-MP 1890 page 24

43-MP 1840 page 81

44- MP 1839 page 36

45-MP 1865 pages 27 à 30 + 124

46-MP 1867 page 353

47-MP 1851 page 160

48- MP Le Mariage à la Mode 1834 page 220

- Industrie et Paresse 1835 pages 19 à 22+51 à 54

- La Brigue des Votes (Canvassing for Votes) 1837- page 297

- Repas d'une élection en Angleterre ( An election entertainment) 1838 page 180

- Ignorance et Cruauté (The Four Stages of Cruelty ) analyse et quelques lignes sur la cruauté envers les animaux 1852 page 372.

-Une leçon à l'université d'Oxford 1872 page 264

49-MP 1833 page 392

50- MP 1840 page 309

51- MP 1849- page 329

52-MP La bouteille 4 planches reproduites sur les 8 décrites 1879 pages 387 à 389

53-MP 1840 pages 11 à 13

54-MP 1841-(pages 60 à 62 + 64)

55-MP 1842- page 208

56-MP 1843 page 108 et 109

57-MP 1844 page 272

58-MP 1857 page 112

59- MP 1888 page 301

60-MP 1835 pages 119-120

61-MP 1835 pages 161-162

62-MP 1835-pages 217-218

63-MP 1848 pages 57+245+269

64-MP 1887-page 385

65-MP 1887 page 168

66-MP 1842 pages 352+356-357

67-MP 1853 page 48

68-MP 1850 page 192

69-MP 1850 page 224

70- MP 1850 page 280

71- MP 1848 page 16

72-MP 1866 page 100

73-MP 1873 pages 251 à 253

74-MP 1872 page 11 à 13.

75- MP 1874 pages 34+63+95+114

76-MP 1839 page 137

77-MP 1841 page 357

78-MP 1844 page 297

79- MP respectivement 1842 pages 153-273+ 1844 page 341

80-MP 1835 page 136

81-MP 1835-page 249

82-MP -1842-page 333

83- MP- marchand de mort aux rats 1846 page 29 + le grand père et l'enfant 1846 page 53+ un théâtre ambulant 1846 page 80+ le livre d'images 1846 page 349

+ le vétéran et le conscrit 1847 page 49 + le bélisaire de la grande armée 1847 page 168 + la mère folle 292+ le roi des buveurs 1848 page 69+ la guerre 1848 page 396 + anciennes mœurs militaires 2 dessins 1849 pages 28 et 29 + vendeuse d'allumettes 1849 page 192 + une miséreuse en haillons 1860 page

144 + sur La Misère 1860 page 288 + les chanteurs des rues 1850 page 128 + Le Vagabond 1860 page 180

84- MP 1869 page 351-352

85- MP 1839 page 145

86-MP 1837 page 153

87- MP 1887 page 5

88- MP 1887 page 385

89-MP 1887 page 269

90- MP respectivement 1897 pages 305 et 371 + 1898 page 46

91-MP 1897 pages 165-165 + 204,205 + 284 à 286+ 340,341 + 356 à 358

92-MP 1902 pages 112 et 114

93-MP 1909- pages 221 à 223

94-MP 1838 page 369

95- MP 1845 page 176

96-MP 1851 page 268

97-MP 1862 page 245

98-MP 1866 page 136

99-MP 1881-page 328

100- MP 1909 pages 268-9

101-MP 1847 page 24

102-MP 1840- page 277

103- MP respectivement 1837 page 401 + 1841 page 21 + 1882 page 52

104-MP 1864 page 65

105-MP 1853 page 300

106-MP 1850 page 233

107-MP 1840 pages 292-293

108-MP 1897 pages 119-120

109-MP 1916 pages164-165

110-MP 1834 page 392

111- MP 1837 page 344

112- MP 1917 page 113

113-MP 1905 page VI après page 120

114- MP 1907 page 121 après la page 384.Cette rubrique a une pagination différente des autres articles

115-MP 1909 pages 388-389

116-MP 1905-pages 305 à 309. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la lettre de Chaval, voir L'animalier Albin Michel 1970

117-MP 1911 page 84 après page 176.

118-MP 1860 page 191

119- MP 1841 page 292

120-MP 1901 page 729

121-MP 1837 pages 66-67 . Le manuscrit du journal de Bruneau est consultable sur Gallica. Hendrik Ziegler dans son livre Louis XIV et ses ennemis(Presses Universitaires de Vincennes , Saint Denis 2013) indique que les gravures ont été détruites.(page 125)

122- Nous n'avons pas mentionné les dessins dont le caractère caricaturale ou satirique est discutable, ni les têtes grotesques de Léonard de Vinci.

123-Paul-Jean Toulet: Oeuvres complètes pages 1130 et 1135. Collection Bouquin. 2003.

Sources

- collection du MP de 1833 à 1914+1916 +1917

- les années 1833 à 1913,1916, 1917 et les 3 premiers numéros de 1918 sont consultables sur Gallica

-Table alphabétique et méthodique des années 1833 à 1842

précédée de la liste des rédacteurs, dessinateurs et graveurs.1845

--Table alphabétique et méthodique des années 1833 à 1862

précédée de la liste des rédacteurs, dessinateurs et graveurs.1864

-Livre de Marie-Laure Aurenche: voir note 1

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