Plus de 120 documents et objets - affiches françaises, allemandes, russes, ukrainiennes, hongroises ; cartes postales ; Unes de presse ; livres pour adultes ou enfants ; journaux, tracts seront exposés afin de comprendre comment s’est structuré, à partir de Drumont, l’antisémitisme qui a conduit l’Europe à la Shoah.

L'accès à l'exposition est compris dans le billet d'entrée du Mémorial.
5€/personne pour visiter uniquement l'exposition temporaire.

Arthur Langerman, collectionneur de documents sur l’antisémitisme est né en 1942 à Anvers. En mars 1944, sa famille est déportée à Auschwitz. Après la guerre, il retrouvera sa mère.

Comme beaucoup de ses contemporains, il prend la mesure de l’horreur de la Shoah en 1961, avec le procès Eichmann. C’est à partir de ce moment qu’il rassemble un fonds de plus de 7000 documents, affiches, journaux ou objets antisémites.

1880 - 1920 : l'image antisémite en gestation

À la fin du 19e siècle, dans de nombreux pays d’Europe ressurgit la haine antisémite. Nourri de l’antijudaïsme chrétien traditionnel, l’antisémitisme moderne répond à une situation nouvelle : la généralisation du suffrage universel et du parlementarisme impose dorénavant de gagner les faveurs de l’opinion publique pour contester efficacement le pouvoir.

En cette période de crise économique, de montée des nationalismes et de remise en cause des valeurs traditionnelles, les juifs deviennent une cible idéale : présents dans tous les pays, à tous les échelons de la société, capables d’assimilation et de réussites brillantes mais, sans État pour les défendre, ils apparaissent comme faibles et forts à la fois, liés à l’étranger et donc antipatriotes.

L’antisémitisme, qui se diffuse principalement à droite et à l’extrême-droite de l’échiquier politique, prétend avec Drumont se doter d’une base scientifique, fondant le rejet des juifs sur une présumée différence raciale.

1920 - 1939 : l’image antisémite, des partis jusqu’au pouvoir

L’antisémitisme sort revigoré de la guerre, accompagnant après 1917 l’anticommunisme qui suit la vague révolutionnaire européenne. À côté de la production marchande émerge un nouveau type d’usage de l’image, instrumentalisée dorénavant par des partis structurés et puissants. Alors que jusque-là seuls les citoyens intéressés consommaient les images politiques, dorénavant, au travers de l’action militante, c’est la population dans son ensemble qui est visée.

Dans Mein Kampf (1925), Hitler accorde une place centrale à la propagande qui doit valoriser les mythes fondateurs et les valeurs constitutives du "peuple éternel", mais aussi diffuser la haine des adversaires (juifs, communistes, libéraux).

L’individu doit pouvoir s’identifier à ce peuple idéal ;  la propagande « raciale » visant à souder la Nation, en masquant les différences sociales.

1939 - 1945 : l'image antisémite, de la guerre au génocide

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Le 3, la France, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande déclarent la guerre à l’Allemagne. L’entrée en guerre de nombreuses puissances, dont l’URSS en juin 1941 puis les États-Unis en décembre, donne une dimension planétaire au conflit, dont la responsabilité incombe aux seuls juifs selon Hitler et sa "prophétie".

Les nazis ne se contentent plus d’une politique violente de ségrégation, de spoliation et d’émigration forcée des juifs vers l’Est de l’Europe dans des ghettos surpeuplés et insalubres ; il s’agit dorénavant de les exterminer. À partir de juin 1941 et l’entrée en guerre contre l’URSS (opération Barbarossa), la propagande se focalise sur un juif "ploutocratique" (c’est-à-dire allié, capitaliste et occidental) et "bolchevique" (c’est-à-dire slave et soviétique).

Tag(s) : #Expositions, #News

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