Lu sur le site de Ladepeche.fr :

Une salle d’escape game toulousaine propose de « tuer » le président de la République. La gérante défend le droit à la caricature et la liberté d’expression.

Les lumières clignotent, des fils électriques sont dénudés, des cannettes de bière vides sont posées sur les tables, des tags recouvrent les murs… le scénario plonge les visiteurs dans un squat. Les joueurs endossent le rôle d’anarchistes voulant kidnapper le président de la République, Emmanuel Macron. "Nous sommes en guerre", "Ceux qui ne sont rien": des phrases devenues cultes du Président résonnent dans les couloirs.

"Arkanes : Live Escape", une salle d’escape game, propose ce scénario depuis plus d’un an. Le prix par personne est de 20 euros à partir de 6 joueurs. Sur la place de Bologne, jouxtant la Place Saint-Pierre à Toulouse, Camille, gérante de la salle, s’est installée depuis plus de deux ans. "J'ai eu l’idée de créer ce scénario avec des amis. Bien souvent, les salles d’escape game se basent sur des histoires avec des coffres. L’histoire de celui de Benalla faisait du bruit. On a voulu ironiser sur cette situation", raconte-t-elle.

À la fin du temps de jeu, d’un peu plus d’une heure, le président attend les joueurs dans une pièce secrète. Le visage tuméfié, ligoté à une chaise roulante : son sort est entre leurs mains."Nous proposons aux joueurs trois fins possibles : ils peuvent le libérer en prenant de la poudre de perlimpinpin, le mettre en prison en  saisissant le Code pénal ou le tuer en brandissant un cocktail Molotov fabriqué avec un bout de gilet jaune", explique la gérante. Elle reconnaît que cette fin peut être "choquante". "Ce n’est pas une incitation au crime. La réception des joueurs est assez bonne. Beaucoup font le choix de l’éliminer mais tous savent que c’est dans un cadre humoristique". Cette ancienne gilet jaune revendique "son droit à la caricature" et "sa liberté d’expression". Engagée politiquement ces dernières années, elle assure que sa salle ne porte "aucune étiquette politique".

Emmanuel Macron n’est pas le seul épinglé. Sur les murs, sur les étagères, des articles relatant des scandales retentissant et des citations d’autres hommes ou femmes politiques sont affichés. Des phrases de François Fillon et d'Alexandre Benalla sont notamment mises en lumière. "Le pire, c’est que c'est factuel. Ils ont réellement été condamnés. Les citations sur les affiches ne sont pas modifiées".

Une manière pour la gérante d’Arkarnes de "tester les limites de la démocratie". Elle travaille actuellement sur un autre scénario. "L’absurdité de l’administration sera pointée du doigt". La deuxième salle devrait ouvrir ses portes dans le courant du mois de décembre.
"Les risques de poursuite sont minimes"

Ce que propose l’escape game n’est pas sans risque. La gérante de l’endroit peut être poursuivie pour "outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique" et/ou "incitation à la violence". Cependant, "les risques sont minimes", d’après l’avocat Pascal Nakache. Il rappelle également qu’"une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme permet de défendre ce type d’offenses".

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