En attendant un compte-rendu... (introduction passionnante)

Qu’elle provienne du Canard enchaîné, des Guignols de l’info ou de Dieudonné, la satire frappe et scandalise. Elle bouscule les normes sociales et dérange le politique en usant d’armes singulières : le comique, l’exagération et la caricature. Distincte du simple pamphlet, elle est d’abord un genre littéraire et artistique dans lequel le satiriste oppose ses valeurs morales à une réalité qu’il juge absurde.
Les attentats contre Charlie Hebdo de 2015, les polémiques à répétition au sujet de dessins de presse et de certains registres humoristiques révèlent que la satire se situe sur une ligne de crête : dénonçant les travers de la société ou le ridicule de certains comportements, elle est souvent accusée de mépriser les plus faibles et de tourner en dérision les choses les plus sacrées. En réunissant historiens, juristes, philosophes, politistes, sociologues et linguistes, cet ouvrage offre un large regard sur la pratique satirique, sur les contraintes qui l’entourent et les conditions qui la rendent possible, notamment les contours de la liberté d’expression. Il examine la façon dont la satire se construit entre conventions artistiques et règles juridiques, comment elle a évolué dans ses formes, ses contenus et ses stratégies depuis le XIXe siècle jusqu’à ses usages politiques récents, en particulier pendant les élections présidentielles de 2017.
Alors qu’elle doit désormais jouer avec un nouvel « esprit de censure », la satire montre qu’elle est depuis bien longtemps l’art périlleux de choisir ses cibles.

Avec les contributions de Marc Angenot, Paul Aron, Laurent Bihl, Marlène Coulomb-Gully, Laurence Danguy, Philippe Darriulat, Marie Duret-Pujol, Guillaume Grignard, Pierre-Emmanuel Guigo, Guy Haarscher, Olivier Ihl, Dominique Lagorgette, Jacques Le Rider, Nelly Quemener, Denis Saint-Amand, Carole Talon-Hugon, Léa Tilkens, Dominique Tricaud et David Vrydaghs.

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :