TROISIEME PARTIE : La relance de l’affaire Dreyfus Par Bruno de Perthuis Publié dans Cartes postales et collection N° 232, 2007, p. 10-18. Combes Combes est un ancien séminariste. Ses adversaires politiques et les caricaturistes ne manquent aucune occasion de le lui rappeler, en particulier Baudry d’Asson qui, comme l’écrit Gabriel Merle, « commence sa cure de trente mois d’insolence en appelant d’entrée de jeu le président du Conseil, Monsieur l’abbé ». Clemenceau aimait aussi railler celui qui restera pour l’avenir « le petit père » en le qualifiant de « cervelle de vieux curé, non pas […]
Dessin de Moloch. "Feu Bazaine : A nous la simple détension, ô mon fils !... C'est aux petits pioupious que sont réservées les balles". Par Jean-Luc Jarnier Le 22 décembre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, convaincu de trahison, est condamné à l’unanimité par le Conseil de guerre de Paris « à la peine de la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation militaire ». Ce jugement ne met pas fin à l’agitation, une agitation dont la presse s’est fait l’écho, à compter du 1er novembre 1894, sitôt connue la supposée trahison de Dreyfus. Les annonces et les débats se sont fait […]
Eduard Thöny, Nouvelles cibles du Mouvement des femmes, MAHLBERG-GRÄPER, Bruni, 100 Jahre Simplicissimus (1996), p. 83. Par Marie Delépine Comment appréhender ce qui fait l'esprit d'une époque à travers le prisme des caricatures ? La question est récurrente en matière de dessins humoristiques. Et qu'en est-il de l'Allemagne à la fin du siècle dernier ? Les dessinateurs humoristiques allemands ne se contentent pas alors de mettre leur talent au service de grandes crises politiques et idéologiques. Comme partout, des portraits-charges livrent des personnalités en pâture à une opinion […]
Fig. 7. – Simplicissimus, n° 18, 1901. Par Ursula E. KOCH Références de l'article : « Les Caricaturistes munichois de la Belle Epoque face au progrès technique et à ses conséquences » in Recherches contemporaines, n° spécial : L’Image satirique face à l’innovation, Nanterre, Paris X, 1998, p. 65-83. I MUNICH VERS 1900 : UN ELDORADO DE LA SATIRE ILLUSTREE Sous le prince-régent Luitpold (1886-1912), la capitale du royaume de Bavière compte, vers 1900, 500 000 habitants, un peu grâce au rattachement du faubourg de Schwabing, quartier de la bohème. La ville devient ainsi le plus grand centre […]
Par Ursula E. Koch Références de l’article : « Satire et pouvoir à Berlin : des passions de 1848 à l’ordre bismarckien », in Matériaux pour l’histoire de notre temps, vol 28, 1992, pp. 12-15."Les feuilles satiriques nées en 1848 ont créé ce que nous appelons 'l'esprit berlinois des temps modernes'". (Theodor Fontane) (1) Depuis l'époque du Grand Frédéric, on a souvent lancé, à Berlin, des feuilles satiriques, périodiques ou non. Tous ces organes - tantôt simplement humoristiques, tantôt discrètement politiques, ont vu leur longévité singulièrement raccourcie par l'intervention […]
Fig. 12. Suite de l'article de Guillaume Doizy 4/ ANTICLERICALISME OU ANTIRELIGION ? Si en règle générale l’anticléricalisme est encore rarement synonyme d’antireligion, avant 1870, certains des dessinateurs ont affiché leur athéisme et leur haine des croyances. Le caricaturiste Pilotell, délégué aux Beaux-Arts et commissaire de police sous la Commune (51), réalise une série intitulée Avant pendant et après la Commune dont les dessins sont datés de 1870 et 1871 mais publiés en 1879 en Angleterre (52). Le caricaturiste y décline son exécration de toutes les religions qui sont pour lui […]
Fig. 5. La caricature anticléricale sous la Commune de Paris (1871) Par Guillaume Doizy Article publié dans Gavroche, revue d'histoire populaire, n°152, octobre 2007, pp. 2-11. 1/ UNE SITUATION DE CRISE La pensée polémique s’exprime depuis bien longtemps au travers du langage caricatural. Depuis la Réforme qui voit Luther utiliser les dessins de Lucas Cranach contre la papauté, les crises interreligieuses, politiques et sociales suscitent une pléthore de feuilles volantes, chansons, libelles, parfois illustrés de caricatures des plus virulentes. Comme on le sait, la Révolution française a […]
Par Marina Bujoli-Minetti « Hell Broke Loose, or, the Murder of Louis » est probablement la première des 8 satires produites en Grande-Bretagne après le 21 janvier 1793 (1), événement retranscrit presque exclusivement par des scènes historiques. La caricature permet une plus grande liberté et radicalise le message politique véhiculé, « Les diables sont déchaînés ou le meurtre de Louis » opposant nettement les mondes céleste et infernal. Le second caractérise la France républicaine, ses représentants et ses partisans, diablotins dont certains volent en claironnant et tambourinant le « ça […]
Par Philippe Kaenel "Le Buffon de l'humanité La zoologie politique de J.-J. Grandville (1803-1847)", in Revue de l'Art, n°74, 1986, pp. 21-28. « Lavater nous apprend que les deux ressemblances animales, les plus rares à rencontrer chez l'homme, sont celles de l'éléphant et de l'écrevisse. Grandville savait les y démêler. La belle tête du fabuliste grec avait toujours pour lui une doublure de pelage ou de plumage ; d'ours ou de lion, de cygne ou d'oie. Il en retournait le masque matois, féroce ou rusé, comme il aurait fait d'un gant, et l'on voyait apparaître le visage intérieur de Janus, […]
Dessin de Chaunu, 1993. VERDUN-1984 : 20 ANS APRÈS. Les avatars d’une nouvelle « icône » de la caricature franco-allemande Par Marie Delépine Article publié dans Documents - Revue des questions allemandes n°3, 2004, p. 23-28. « […] Je me souviens de Kohl et Mitterrand qui se tenaient par la main. C’était à Verdun. […] » Yves Simon (1) D’une commémoration à l’autreL’année 2004 est placée sous le signe de la mémoire et du souvenir. Depuis le mois de juin, les commémorations se sont en effet succédé à un rythme soutenu. A chaque fois, elles ont été relayées et commentées par les médias : ce […]
Suite de l'article de Manuel Montoya Subissant peut-être l’influence de Guernica de Picasso, qui déjà répercute de très nombreux éléments du Tres de Mayo , la caricature anonyme de 1962 projette cet éclairage dans un espace sidéral, transformant la lanterne en un soleil noir qui éclaire la scène de la répression des femmes des ouvriers grévistes, comme l’ampoule de la lampe du tableau de Picasso, qui joue sur les mots entre “bombilla” (ampoule) et “bomba” (bombe). Ce soleil noir est celui de la mort et son sens semble s’écarter de celui plus ambigu de Goya. La lanterne, même si elle n’est […]
LE FONCTIONNEMENT DU TRES DE MAYO DANS LES CARICATURES Suite de l'article de Manuel Montoya Début de l'article L’ oeuvre de Goya représente l’opposition la plus extrême à la peinture de Francisco Bayeu, et à celle des épigones de David, qui avaient perdu tout ce qu’il y avait de révolutionnaire, de social et d’artistique chez ce maître, défenseur des thèmes et des formes de l’académisme historique. Au lieu de figer la scène et les personnages qui interviennent dans cette tanathomachie, il réactive, plus qu’il ne détourne, les signes, en privilégiant l’opposition de deux masses, de deux […]
document n°1 (deuxième partie) Par Bruno de Perthuis Orens, un caricaturiste qui fait fureurA partir de 1902, la carte postale caricaturale est à la mode. Les collectionneurs se disputent les œuvres des artistes dont la liste s’allonge. Dans Le Cartophile du mois d’août 1902, Charles Fontane précise qu’aux « artistes déjà connus comme illustrateurs : Vignola, Bigot, Kauffmann, Lobel, Espinasse, il faut ajouter les nouveaux venus : Veber, Victa, Hélaire, Rouilly, Saint-Roch, Grunfelder, Stephens, Polja, R. Lewis, Rip, etc.., etc.., (…). Dans cette nouvelle course, nous allions dire cette […]
(Document n°3) Par Marina Bujoli-Minetti De l’accession au trône de Louis XIV le 14 mai 1643 à sa mort le 1er septembre 1715, le Royaume de France et de Navarre a vu son régime politique se consolider après les cinq ans de troubles provoqués par la Fronde qui prennent fin en 1653. Le souverain concentre le pouvoir entre ses mains, poursuivant l’œuvre de son père Louis XIII et du Premier ministre Richelieu, en développant l’administration et la centralisation politiques et territoriales. De l’autre côte de la Manche, la situation est plus chaotique et à l’inverse de ce qui se produit en […]
Gravure de Orens, Portrait de Déroulède, 1904. Par Bruno de Perthuis Article intitulé « Orens : un artiste et une œuvre marqués par l’Affaire », publié dans Cartes postales et collection, n° 230, août 2007, p. 16-24. Orens, Bonaventure, Charles Denizard naît à Pontru dans l'Aisne le 8 mai 1879. Plus tard, il utilisera son peu courant prénom Orens comme pseudonyme, pour signer ses œuvres, alors qu’il semble que son prénom usuel soit Charles. A l’âge de douze ans, il travaille dans une imprimerie d'Amiens où il se familiarise avec la lithographie, la gravure et toutes les techniques de son […]