NOUVELOBS.COM | 11.08.2007 | 17:11

Marc Giacone ambitionnait de réaliser une imitation du journal satirique dans la Principauté. Le délit d' "offense au chef de l'Etat" a été retenu.

Une peine de six mois de prison ferme a été requise mardi 7 août par le procureur devant le Tribunal correctionnel de Monaco, contre l'auteur d'un site Internet qu'il voyait en "Charlie Hebdo monégasque", une vision satirique de la classe politique de la Principauté et du prince Albert II.
Marc Giacone encourt également une amende de 1.500 euros. Agé de 53 ans, cet organiste dans une chapelle du Rocher au moment des faits a été démis de ses fonctions depuis lors.
Le site incriminé et dont l'accès a été suspendu au bout de quelques jours, "Monaco Politic Circus", présentait dans une galerie de portraits caricaturant l'intégralité de la classe politique monégasque. Ces personnages, dont le prince, étaient notamment affublés d'un nez rouge.
"Chef clown séducteur"
Albert II était ainsi devenu "chef clown séducteur", tandis que le ministre d'Etat – équivalent du chef du gouvernement – Jean-Paul Proust était affublé du titre de clown "ronfleur", désespérant de pouvoir terminer sa sieste.
Au total, douze personnalités visées ont déposé plainte pour "injure", tandis que le délit "d'offense au chef de l'Etat" a donc été retenu s'agissant du monarque. Pour sa défense, Marc Giacone explique qu'il n'avait "l'intention de faire qu'une imitation, certes mauvaises, d'un Charlie Hebdo monégasque", et a demandé "sincèrement pardon à toutes les personnes qu'(il) a insultées".
Dérapage et diffamation
Pour sa part, le procureur Gérard Dubes a estimé que le prévenu avait "dérapé gravement et basculé dans la diffamation". "C'est la première fois qu'on va si loin dans une atteinte au souverain", a-t-il affirmé.
L'avocat de Giacone, Me Patrick Bérard, a défendu le droit à liberté d'expression et relativisé les propos de son client: "le procès des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, c'est autre chose que de dessiner des grandes oreilles et un nez rouge", a-t-il suggéré, en rappelant qu'en France, le dernier procès pour "offense au chef de l'Etat" remonte à 1965.
Le jugement a été mis en délibéré au 9 octobre.

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