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La cour d'appel se penche mercredi (23 janvier 2008) sur l'affaire des caricatures de Mahomet

NOUVELOBS.COM | 22.01.2008 | 15:29

Deux organisations islamiques ont fait appel après la relaxe en première instance de Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié trois caricatures du prophète Mahomet.

(c) Reuters

La 11e chambre de la cour d'appel de Paris devrait examiner, mercredi 23 janvier, l'affaire des caricatures de Mahomet publiées dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo en février 2006. Poursuivi par plusieurs organisations islamiques, qui jugeaient ces dessins injurieux, le directeur de la publication du journal satirique, Philippe Val, a été relaxé le 22 mars 2007. Après le verdict prononcé alors par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, deux des trois principales parties civiles, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Ligue islamique mondiale (LIM) décidaient de faire appel.

Pas d'appel du parquet
Evoquant "une question de principe", la LIM avait alors dit vouloir "se ménager l'accès vers la Cour européenne des Droits de l'Homme, en cas de déboutement généralisé par les cours françaises".
La Grande Mosquée de Paris avait de son côté décidé de se satisfaire du jugement.
Le parquet n'ayant pas interjeté appel, Philippe Val n'encourt plus aucune peine ni de prison, ni d'amende. Seuls sont en jeu d'éventuels dommages et intérêts.
Les témoins venus lors du dernier procès pour dire leur soutien à Charlie Hebdo, parmi lesquels François Hollande et François Bayrou, n'ont pas été sollicités de nouveau par les avocats du journal, Mes Richard Malka et Georges Kiejman.

Trois dessins en cause
L'UOIF et la LIM reprochent à Charlie Hebdo d'avoir publié trois caricatures qui, selon elles, constituent une "injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion". Deux d'entres elles, publiées en septembre 2005 dans le journal danois Jyllands-Posten, avaient provoqué une flambée de violence anti-danoise dans le monde musulman. Sur l'une, le prophète Mahomet était représenté portant un turban dessiné sous la forme d'une bombe dissimulant une mèche et un détonateur allumé prêt à exploser, sur l'autre, on le voyait accueillir des kamikazes au paradis avec la légende "arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Le troisième dessin, une oeuvre de Cabu, représentait Mahomet se prenant la tête dans les mains et déclarant: "c'est dur d'être aimé par des cons". A la gauche du dessin, une légende: "Mahomet débordé par les intégristes".

La liberté d'expression défendue
La religion musulmane interdit, dans son interprétation stricte, toute représentation du prophète Mahomet.
Alors que le TGI avait considéré que le dessin de Cabu et celui représentant le paradis visaient très clairement les intégristes, et non les musulmans dans leur ensemble, le tribunal s'était penché plus longuement sur le turban-bombe de Mahomet, avant d'estimer en définitive que "les limites admissibles de la liberté d'expression n'avaient pas été dépassées".
Le procès d'appel durera une seule après-midi, contre deux journées en première instance.

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