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Les lecteurs du Canard Enchaîné connaissent bien Brito. Connaissent bien ou… pas assez, puisque trop peu de ses dessins ont l’honneur d’être publiés par le journal. En conséquence, les trésors du dessinateur (d’origine portugaise) finissent leur très courte vie (quelques heures à peine)… à la poubelle. Un véritable crime, un vrai massacre hebdomadaire !
Depuis plusieurs années, les familiers du dessinateur recevaient par mail (ah, le génie d’Internet) la fameuse « poubelle de Brito », tous les lundis. Une sorte de spam envoyé par le messie.
Il fallait ouvrir chaque image, laborieusement, après avoir dézipé le dossier original… Une vraie galère propre à désespérer Billancourt. Mais quel bonheur de découvrir ces joyaux fort atypiques dans le paysage du dessin de presse actuel. Contrairement à bien des dessinateurs du Canard, Brito n’aime pas les bavardages (sauf devant un verre, mais on s’égare). Il joue des métaphores visuelles, des gags graphiques et autre combinatoires iconiques. Amoureux de la grande culture, Brito évoque le monde à travers les symboles universels. Il bricole, combine, associe, invoque l’hybridation, animalise, transforme, découpe, simplifie, géométrise un soupçon. Brito tricote une symphonie d’aplats faits de noir et de blanc. Un jeu visuel sans fioriture, sans égarement ni affectation.
Brito se nourrit d’intemporel, combine le sublime pour frapper les esprits. Pas de dessin sous la ceinture, pas de trivial dans cet art consommé du comique et de l’engagement, de la dénonciation des crimes et des pires forfaitures.

Un blog permet aujourd’hui de découvrir chaque semaine (le mercredi) cette production inédite de Brito, dessinée mais aussi rédigée. Car Brito écrit ! Un blog qui vient plus de dix ans après les premières expériences individuelles de dessinateurs sur le web (Deligne, Jiho...).

 

Ca valait le coup d'attendre dix ans pour goûter à ce vrai régal hebdomadaire !

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