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Les "grands" journaux satiriques ont toujours éclipsé une dynamique production de titres plus ou moins visibles, plus ou moins brillants, plus ou moins bien illustrés. Le Poiscaille, journal satirique mensuel liégeois (Belgique) né en 2010, n'a pas à rougir de sa modeste taille (tirage de quelques centaines d'exemplaires, format A4, couverture en couleur) et de son ancrage local. De "grands" dessinateurs belges (Sondron par exemple) y laissent à l'occasion leur empreinte, aux côtés de journalistes et de caricaturistes moins connus. Cette petite revue qui donne la part belle au dessin de presse ne manque pas de charme. Elle s’inscrit dans une tradition débutée à la fin du XIXe siècle, époque qui a vu de petites villes se doter de tels organes de presse régulièrement illustrés de dessins ou de textes satiriques sur la vie politique et culturelle locale et régionale.


A lire ci-dessous la présentation du journal, par ses animateurs :

 

"Le Poiscaille est un journal satirique créé en février 2010 sous l’impulsion d’une équipe de Liégeois souhaitant introduire dans leur ville une publication libre, autofinancée et totalement indépendante. Le journal est animé par une équipe d’une trentaine de journalistes, chroniqueurs, caricaturistes, étudiants en journalisme à l’Université de Liège et à la Haute École de la Province de Liège

Le Poiscaille est tiré à 500 exemplaires et nous nous déplaçons jusqu’à notre imprimeur pour retirer notre commande. Pour chaque membre de l’équipe, c'est toujours une fierté de pouvoir palper le résultat de longues heures de labeur. Car nous assurons de A à Z la réalisation de chaque Poiscaille : coordination de la rédaction, recherche de sujets, travail d’enquête sur le terrain, écriture, dessin, maquette, mise en page, correction des articles, relecture finale. Nous partons chaque mois à la rencontre des Liégeois — dans les cafés, les associations, les lieux culturels, etc. — pour leur présenter Le Poiscaille et sa philosophie générale. C’est principalement de cette manière que nous écoulons le gros de notre tirage. À côté de cela, nous alimentons chaque début de mois nos points de vente à Liège et nous occupons également des envois postaux pour nos abonnés.

Projet éditorial
Résolument liégeois. Le Poiscaille revendique son identité liégeoise. Il ne s’agit pas, comme une certaine presse locale, de faire sonner les trompettes du scoop dès qu’un Liégeois est pris dans un conflit à l’autre bout du monde. C’est justement parce que ces journalistes « culs de plomb », abonnés au desk, passent leur temps à divertir le bon fan des Rouches que nous souhaitons inverser la tendance : place aux sujets de fond, à l’investigation, aux opinions critiques sur cette terre dite ardente !

Satire, liberté et indépendance. La rédaction n’admet qu’une seule publicité dans ses pages : celle de son imprimeur. Ses journalistes et dessinateurs sont tous bénévoles et l’argent récolté est investi dans le développement du journal. Le Poiscaille est totalement indépendant et apolitique. Il ne prêche pour aucune paroisse et cela se ressent dans ses pages : nous ne nous ferons jamais la tribune d’un parti politique, d’un syndicat ou d’un mouvement. Nous entendons jeter des pavés dans la mare du débat public en développant notre propre argumentaire et en poussant chaque lecteur à réfléchir par lui-même.

Contenu alternatif. Résistant aux sirènes de l’air du temps, Le Poiscaille porte le projecteur sur des sujets peu abordés, timidement évoqués et quitte délibérément les rives du consensualisme ambiant. Dans ses dossiers, le journal s’est attaqué aux dangers du nucléaire, à la gestion parfois hasardeuse des grands chantiers de la Ville de Liège, à la prostitution, à la mafia liégeoise ou aux dérives de la police. Nos dessinateurs, eux aussi, montent au filet : la rubrique « Les oubliés de l’actu » rappelle les sujets brûlants que les grands médias jettent à la corbeille, préférant le buzz du moment.

Autocritique et ton décalé. Les journaux manquent généralement de remise en cause vis-à-vis d’eux-mêmes et de leur rôle dans le débat public. Le Poiscaille prend le pari de se critiquer dans ses propres pages. Par ailleurs, le métier de journaliste ne signifie pas morosité, ni lissage des opinions et encore moins léchage de pompes. Avec humour, nos chroniqueurs et dessinateurs dézinguent à bout portant la presse caricaturale, les hommes politiques à côté de leurs Berluti, et tout autre puissant au large cou. Si le monde est loin d’être parfait, c’est avec le sourire et une sacrée dose de cynisme que nous le remettons en cause."

 

 

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