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Texte d'appel pour Recherches sociographiques (2014)

 

La caricature est un médium de plus en plus employé, au Québec comme ailleurs, pour mettre en images la société qui se fait. Les caricaturistes ont d’ailleurs la cote, eux qui sont devenus de véritables stars médiatiques en apparaissant à la télévision – certains ont même leur propre émission! –, en ayant une présence soutenue sur le Net et en publiant des recueils qui trônent au sommet des ventes.

Depuis quelques années, la caricature a été (re)découverte comme source pour étudier la société qui, par l’intermédiaire de ces éditorialistes de l’image à l’humour acéré et caustique, se bâtit des représentations qui l’inspirent, la font jaser, la provoquent ou l’amusent et, sur cette base, l’amènent à se changer, à se confirmer ou tout simplement à se moquer ou à pleurer d’elle-même.

Dans ce numéro thématique, nous entendons élargir la recherche et la réflexion sur la caricature en essayant de voir, par des exemples concrets ou encore par des réflexions d’ordre théorique et méthodologique puisés à l’histoire de ce dessin au Québec, comment la caricature a porté tout autant que créé des humeurs de société, et ce, à différentes époques du passé québécois.

Par humeurs de société, on entend, notamment, des modes de représentation de Soi et de l’Autre, des imaginaires collectifs donc, mais aussi des mises en scène du théâtre historique et politique national, y compris le jeu de ses personnages clés dans ce théâtre – les responsables politiques bien sûr! –, qui n’ont de cesse de faire le pain et le beurre des caricaturistes. Derrière les caricatures dessinées par des artistes de talent se cachent des enjeux sociaux, mais aussi des rapports de pouvoir, qui en disent long sur la façon dont la société se pense à différents moments de son évolution. La question même de la réception de la caricature – peut-on l’étudier, et si oui, comment? – reste d’ailleurs un enjeu de taille à mettre au jour qu’il ne faudrait pas négliger.

Entre humeur et humour de société, il existe une dialectique à approfondir à l’aune d’études concrètes dont le résultat sera possiblement d’amener le lecteur à rire (jaune) de ce que fut le Québec d’hier à aujourd’hui, et à se questionner peut-être, aussi, sur le Québec de demain.

Une image vaut 1 000 mots, dit-on, mais encore faut-il prendre le temps de faire parler cette image. Plus souvent qu’autrement, les images sont utilisées pour illustrer le texte. Il n’est pas rare de voir les images être confinées au centre de l’ouvrage. Ainsi elles sont détachées, littéralement, du corps du texte. Ce sera tout le contraire de ce numéro, où les images seront non seulement au cœur du texte et des analyses mais en relation étroite avec le texte. Car c’est bien de cela dont il s’agit, au fond : faire parler les images, et savoir tendre l’oreille.

 

Pour tout projet de soumission de texte, prière de s’adresser à Alexandre Turgeon (alexandre.turgeon.2@ulaval.ca).

 

Date limite pour soumettre un projet de publication (400 mots) : 1er avril 2013

 

Date d’acceptation des propositions : 1er mai 2013

 

Date de soumission des articles : 1er avril 2014 (pour publication en 2015)

 

Recherches sociographiques publie des travaux de recherche originaux sur le Québec et sur le Canada français. Par son caractère interdisciplinaire, la revue fait appel aux sociologues, politologues, historiens, démographes, économistes, anthropologues, littéraires.

 

 

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