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A la fin du XIXe siècle, la technique photographique rencontre un extraordinaire écho. Mais contrairement à ce que l’on croit généralement, si la technique photographique a très tôt inspiré les falsificateurs avec des montages visant la manipulation, notamment pendant la Commune de Paris, elle a aussi intéressé les fabricants de caricatures. Au tournant du siècle, plusieurs ouvrages techniques commentent d’ailleurs l’aspect « récréatif », voire potentiellement caricatural de ce moyen de figuration nouveau. En définitive, photomontages et mises en scènes comiques ou dégradantes sous forme photographique abondent à la Belle Epoque. Elles sont largement diffusées par le biais de la carte postale illustrée.

Loin d’être réservée aux grands centres de production d’images comme Paris ou Lyon,  l’association photographie/carte postale, par la simplicité de mise en œuvre et la diversité des effets possibles, autorise une véritable démocratisation de l’expression satirique. Même dans une petite ville comme Périgueux, dans le département de province fort éloigné de Paris qu’est la Dordogne et ce avant 1914, un curé atypique, l’abbé Chabot, en délicatesse avec sa hiérarchie, produit et diffuse plusieurs centaines de cartes postales originales satiriques recourant à la photographie.

Dans ses cartes postales déroutantes, le religieux périgourdin vante son propre commerce autant qu’il règle ses comptes avec l’Eglise tout en se défendant d’avoir abandonné la foi. Il y fait constamment l’apologie de la boisson, apologie dans ce cas très proche du blasphème, se moque du vœu de célibat, dénonce la cupidité du clergé. Alcool, amour et argent, trois thématiques très présentes dans la caricature anticléricale de la Belle Epoque…

 

Un collectionneur a eu la bonne idée de mettre en ligne une partie non négligeable de ces cartes postales. Voir le site….

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