France Nouvelle (1945, France, Paris)
Le périodique France Nouvelle naît à Alger en décembre 1943 (date du 1er numéro). Il s’agit alors d’un mensuel dirigé par des membres du Parti Communiste, Berlioz, Billoux, Bonte, Fajon,
Marty et Midol. Le mensuel s’intéresse aux « questions que posent la guerre et la grande lutte pour libérer la France » et fournit « des arguments au propagandiste, au journaliste, au patriote ».
Neuf numéros paraissent jusqu’en août 1944, proposant des articles de fond essentiellement consacrés à la situation mondiale et à la politique du PCF. France Nouvelle interrompt sa
parution pendant plus d’un an avant de renaître le 24 novembre 1945 avec comme sous-titre « organe central du parti communiste français ».
L’hebdomadaire, que dirige alors Florimond Bonte et qui perdurera jusqu’en 1979, recourt très vite au dessin de presse pour illustrer ses pages puis, s’inspirant de la maquette de l’hebdomadaire
Action, un journal satellite du PC, illustre également sa couverture d’un dessin politique chaque semaine pendant plusieurs années.
France Nouvelle est essentiellement consacré, dans ses premières années d’existence, à l’actualité politique française et internationale, et fait une large part à l’activité du PC
(discours de dirigeants, comptes-rendus des réunions des instances de directions et des congrès, campagnes de revendications, activités ministérielle et parlementaire, documents de propagande,
etc.)
Avec le temps, et tout en restant un hebdomadaire d’actualité politique relativement fidèle à sa ligne éditoriale d’origine, France Nouvelle se diversifie en consacrant des rubriques à
la télévision, au théâtre, au cinéma, à la littérature ou encore aux Beaux-Arts.
Pendant une bonne dizaine d’années, puis ensuite de manière très variable, le dessin politique tient une place non négligeable dans les pages de cet hebdomadaire communiste avec un nombre réduit
de dessinateurs fidèles : Jean-Pierre Chabrol (l’écrivain, né en 1925, dessine alors dans L’Humanité), Bouleau, Boris Taslitzky (1911-2005) et Mittelberg (Tim). Plusieurs types de
dessins cohabitent : le dessin d’actualité en forme de commentaire visant les adversaires politiques du PC, des dessins de propagande opposant à l’ouvrier héroïque des symboles honnis comme le
capitaliste ventripotent à cigare et haut de forme, le représentant des USA (oncle Sam en général), le soldat allemand ou américain, etc. ; enfin, des dessins imprégnés de réalisme socialiste qui
visent à mettre en image l’idéal de paix ou le bien être communiste.
Les charges de « une » accompagnent en général un gros titre sur le même sujet, tandis que les dessins en pages intérieures fonctionnent soit de manière autonome, soit comme illustrations d’un
article. La revue publie parfois des dessins tirés de la presse étrangère amie (Daily worker, Krokodil, Iszvestia, etc.).