"Il est peut-être des moments où le rire provocateur attise inutilement des flammes qu’il conviendrait d’éteindre"

Nous publions ci-dessous le commentaire qu'une internaute a posté sous l'article « Non, nous ne sommes pas tous Charlie », commentaire qui suscitera peut-être des réponses. Nous publierons de la même manière tout point de vue ou toute réflexion approfondie qui nous sera adressée et qui nous semblera susceptible de faire progresser la discussion, même s’il s’agit d’afficher un désaccord avec les publications précédentes sur le sujet (articles de Guillaume Doizy notamment) ou avec les textes nouvellement publiés. A vos claviers !

Le site « Caricatures et caricature » démontre toute sa pertinence en ce tragique début d’année et la « chronique » quotidienne relative aux massacres perpétrés par des fanatiques prétendument religieux le met en évidence. Les prises de parole qu’elle suscite sont elles aussi enrichissantes et permettent de mettre en œuvre un processus fructueux de réflexion. Elles peuvent favoriser un approfondissement de la réflexion sur le choix des formes prises par la caricature, déboucher sur un questionnement distancié concernant les objectifs poursuivis et conduire à s’interroger sur d’éventuels dommages collatéraux de tous ordres. Ce peut être le cas de la sphère religieuse. Il importe de réfléchir sur le passage insidieux d’une provocation talentueuse, spirituelle, aux enjeux indéniables, à une apparence d’intolérance susceptible de créer un malaise chez des pratiquants sincères, étrangers à toute velléité de « croisades ». Et c’est négliger l’évidence que la communauté musulmane est une composante de la France d’aujourd’hui et que l’intégration est en marche, mais n’est aucunement un fait acquis !
Les inacceptables massacres perpétrés à « Charlie Hebdo » sont le fait de propagateurs d’obscurantisme, mais est-il opportun d’y répondre par une dérision provocatrice susceptible de stigmatiser certains ? Il est peut-être des moments où le rire provocateur attise inutilement des flammes qu’il conviendrait d’éteindre.
Quoiqu’il en soit, je partage la conviction de l’auteur de la chronique « Non, nous ne sommes pas tous Charlie », selon laquelle « l’unité nationale » proclamée à tout vent ne protègera pas des « fondamentalismes », mais je ne me limiterais peut-être pas au contexte religieux et dirais plus volontiers « ne protègera pas des extrémismes ».
La vigilance est un devoir.
Tous mes encouragements pour la poursuite des activités du site !

Brigitte Desbrière-Nicolas

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