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Tignous, 5 ans sous Sarkozy, 12bis éditeur, 208 p., 20 euros.


Ces dernières années, les recueils de dessins ou bd politiques avec pour thème central Sarkozy se sont multipliés. L’approche de la présidentielle renforce bien sûr la folie éditoriale autour du premier magistrat de France. Sarkozy, par le rejet qu’il suscite et sa personnalité hors norme, inspire les dessinateurs et galvanise en quelque sorte le public qui trouve dans ces opus manière à rire et à trouver vengeance. Jule Vallès définissait la caricature comme « l’arme des désarmés ». On ne saurait mieux dire en ces temps les mauvais coups de la droite n’ont jamais été vraiment mis en échec par la rue.


Le dessinateur Tignous participe depuis longtemps de la critique graphique du sarkozysme, en publiant ses charges dans deux organes principaux, Charlie Hebdo et le magazine Marianne. Tignous s’est construit une rhétorique bien particulière que n’affectionnent pas obligatoirement ses collègues. Peu de dessinateurs traduisent par leur style graphique avec autant d’efficacité le peu d’estime dans lequel ils tiennent leurs cibles. Le coup de crayon sommaire et très gestuel dépeint de manière redoutable l’hystérie et la morgue du maître de l’Elysée, disqualifié par une bave aux lèvres quasi systématique, des mouches obsédantes, une bouche et une dentition surdimensionnées qui déforment totalement son visage, un cerne rouge autour d’yeux parfois mouillés de larmes… Des signes de maladie et de perversion, quoi ! Sous les crayons de Tignous, Sarkozy, toujours nanisé, inspire un puissant dégoût.


Contrairement à bien d’autres de ses pairs, le caricaturiste dénonce un président au service systématique des riches par le truchement d’un stéréotype que d’aucuns qualifient de suranné : le capitaliste bedonnant à gros cigare. Des capitalistes choyés par le président de la République, mais rarement reconnaissants…


Ce recueil composé de plusieurs centaines de très drôles et percutants dessins (certains étant inédits, mais tous hélas non datés), permet de rappeler les hauts faits de ce très droitier, antisocial et très anti immigré quinquennat. De quoi réjouir tous ceux qui espèrent ne plus vivre « sous » Sarkozy, après lui avoir collé une bonne raclée électorale.

 

GD, février 2012

 

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