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Dessin de Damien Glez

Article rédigé par Damien Glez, cartoonist vivant au Burkina Faso et dessinant pour de nombreux journaux de par le monde, membre de Cartooning for peace. Sa page sur Daryl Cagle's cartoonists index

Dakar, 19 juin 2004, enregistrement de l’émission « Rideau Rouge » de la chaîne TV5-Afrique. L’animateur Claude Sérillon s’étonne : « Les caricaturistes africains y vont dix fois plus fort que les journaux européens. (…) Certaines caricatures sur Houphouët-Boigny n’auraient pas pu être faites sur de Gaulle ». Les « cartoonists » africains seraient-ils particulièrement frondeurs ? Ou jouiraient-ils – en dépit de la réputation du continent en matière de dictatures pittoresques – d’une liberté d’expression supérieure à celle des dessinateurs européens ?
Une anecdote récente tend à confirmer les propos du journaliste. Le 9 février 2006, la questure de l’Assemblée nationale française refuse de distribuer aux 577 députés des exemplaires du journal satirique panafricain « le gri-gri international ». Le refus aurait été motivé par une caricature du président français en short et chemise à fleurs, représentation jugée « injurieuse ». Ce dessin réalisé au Burkina Faso serait-il « censurable » sous les lambris d’instances démocratiques européennes ?
Comparer la France gaullienne des années 60 avec la Côte d’Ivoire houphouëttiste de la fin des années 80 n’est pas aussi anachronique qu’il y paraît. En Afrique francophone, le printemps de la presse a essentiellement fleuri au début des années 1990. La culture de la caricature n’y est donc souvent âgée que d’une quinzaine d’années, quand la France sclérosée des sixties avait un dessin de presse déjà plus que centenaire. Le cartoon africain est donc bien souvent « adolescent », avec ce que ce terme contient d’impertinence, de fougue, d’excès et d’anticonformisme. Au Cameroun, par exemple, foisonne une kyrielle de jeunes dessinateurs qui produit à la chaîne des dessins particulièrement virulents : J@imes, Achille Nzoda, El Pacho, Desfoussots, Piazo…
Souvent plus à l’abri que les journalistes « rédacteurs », les cartoonists ont compris que le dessin constitue le cheval de Troie qui investira les forteresses des régimes autoritaires. Tout particulièrement dans des pays où le taux d’analphabétisme confère à l’image une force toute spécifique. Le dessinateur ivoirien Mendozza souligne que « dans un pays où 66% de la population est analphabète, les images sont un bon moyen de faire passer l’information ».

Mais les dessinateurs ne sont pas totalement immunisés. Au Cameroun, le caricaturiste-vedette Nyemb Popoli a eu maintes fois maille à partir avec le régime de Paul Biya. En 2000, il est contraint à l’exil en Afrique du Sud. Il y passera six mois. Dans la nuit du 30 novembre 2002, il est molesté par une douzaine de policiers du Groupement mobile d’intervention de Douala. Régulièrement, il reçoit des menaces téléphoniques, parfois du palais présidentiel...
A la fin des années 80, dans le Bénin du « marxisme-béninisme », le dessinateur Hector Sonon voyait ses dessins de l’hebdomadaire « La Gazette du golfe » systématiquement passés à la moulinette du comité de censure du ministère de l'Intérieur. Parfois, six pages sur les huit que comptait le journal étaient censurées.
« Frondeur » ? « Menacé » ? « privilégié » ? « martyr » ? Difficile de qualifier « le » caricaturiste d’Afrique. Il n’existe pas « une » Afrique et la presse africaine connaît, selon les pays, des réalités politiques et économiques très différentes. Peu abusivement menacé par le régime actuel, le dessinateur nigérien Alassane Aguellasse, l’auteur de « l’enfant voleur de vélo », peut-il idéalement progresser dans son art quand les quelques milliers de francs qu’on lui propose pour une caricature (3 ou 4 euros) le poussent à pratiquer d’autres métiers ? Il rêve sans doute des sièges rembourrés des cartoonists de groupes de presse sud-africains. L’Afrique du Sud « prospère », pourtant, n’a pas toujours été un havre de paix pour les dessinateurs.
Le Sud-africain Jonathan Shapiro alias Zapiro milita longtemps contre l’apartheid, dans des organisations politiques avant de devenir dessinateur de presse. Il sera détenu par les autorités en 1988, comme Mogorosi Motshumi avant lui, en 1978. Zapiro partira pour les Etats-Unis avant de revenir dans son pays en 1991. Le caricaturiste Andy Mason décrit la période de l’Apartheid comme « a gloomy period for South Africa » [Ies difficultés rencontrées par Zapiro suite à une caricature contre Zuma, ne sont pas mentionnées ici, ce texte ayant été rédigé antérieurement à ces faits (nde)] .
Non loin, au Zimbabwe, la situation n’est guère plus enviable. Depuis des années, le dessinateur Tony Namate joue au chat et à la souris avec les autorités. En 1988, ses croquis de procès sont déchirés par un officier en civil. En 1997, le ministre de l’Information martèle : « Namate must be jailed ». En 2002, le ministre de la Défense exige des excuses de Tony Namate. Mais l’ennemi personnel du dessinateur est Tafataona Mahoso, executive chairman of the Media and Information Commission. Lorsqu’il est en colère contre un dessin, Mahoso écrit une tribune libre dans le journal public « The Sunday Mail » à laquelle répond un dessin auquel répond une tribune libre à laquelle répond un dessin… Une sorte de tango qui, fort heureusement, n’a pas encore conduit le dessinateur au cachot.
Au Nigeria, autre pays anglophone, le plus peuplé d’Afrique, les caricaturistes – en premier lieu le pionnier Akinola Lasekan – ont souffert longtemps des dictatures militaires. Certains comme Ossie Ogwo étaient menacés de mort et d’autres comme Osawaso Osagie étaient emprisonnés.
Et le combat n’est jamais totalement gagné. Dans une décision rendue le 3 février 2006, la Haute cour de Johannesburg interdisait aux principaux groupes de presse sud-africains la publication des caricatures controversées du prophète Mahomet, sur demande du Conseil des théologiens musulmans…

Il y a plusieurs Afrique et la zone francophone, souvent exemplaire en matière de démocratie apaisée, mais pauvre, voit principalement évoluer des caricaturistes dillettantes. Pour avoir assez de revenus, le Tchadien Ali-Mont-Rose fait de l’infographie publicitaire, le Burkinabè Zoetaba des décors de cinéma, le Congolais démocratique Dominique Mwankumi-Mukel de l’illustration pour enfants. Au mieux, le dessinateur dérive du traitement politique vers la satire sociale ou l’humour. Dans des publications comme l’ivoirien « Gbich » - et sa version « Gbichton » pour les enfants -, la frontière entre gag et éditorial n’est pas toujours claire.
Certains de ces « cartoonists » jugent plus romantiques d’être « étranglés » par des tracasseries policières qu’étouffés par des contingences financières. Mais avant même d’être confrontés au choix de l’exil, ils sont poussés vers « l’exil professionnel ». L’accès à une photographie numérique à bas prix réduit encore comme une peau de chagrin le recours au dessin dans les publications d’informations générales.
Le résultat est que le paysage de la caricature apparaît comme un désert dans beaucoup de pays. Au Tchad, comme en témoigne le dessinateur Adjim Danngar, « Les caricaturistes se comptent sur le bout des doigts ». Au Togo, un responsable de centre de presse est lapidaire : « Malheureusement, aucun dessinateur de presse ne s'affirme au Togo depuis bientôt une dizaine d'année ».
Bien sûr, et même si le marché togolais de la presse assèche économiquement les vocations, le découragement est aussi, à Lomé, le fruit de la chape de plomb imposée par le régime de Gnassingbé Eyadéma pendant 38 ans. Lorsqu’un ministre était maltraité dans une caricature du« Kpakpa désenchanté » ou de « Akéklé-Le Scorpion », la police n’intervenait jamais directement. Mais les coups de téléphone menaçants se multipliaient, de jeunes casseurs faisaient des descentes dans les locaux des journaux, la moto d’un rédacteur était incendiée…

Pourtant, les pressions ne sont pas toujours de nature politique ou économique. Les dessins se heurtent parfois aux mentalités africaines ou à de la mauvaise fois qui se drape dans une prétendue défense de la culture authentiquement « noire ». La caricature serait-elle tout simplement incompatible avec la culture africaine ?
Le 6 avril 1998, Issa Nyaphaga, ancien dessinateur du journal camerounais « Le Messager Popoli », arrêté et battu avant de s’exiler hors du Cameroun, témoigne dans une émouvante lettre à sa mère : « J'aimais dessiner. Je suis donc devenu "déformeur des gens importants", comme tu disais. Mon père pensait que je trahissais le prophète car, selon lui, les écritures interdisent aux hommes de créer d'autres hommes. Combien de fois m'as-tu protégé des coups de chicote d'Arouna mon père, lorsqu'il me surprenait en train de dessiner ? »
L’argument de la trahison culturelle serait implacable si l’art primitif africain – singulièrement les masques – n’était pas saisissant d’aspect caricatural. La caricature apparaît tout de même « immorale » à certains, et plus en Afrique qu’ailleurs.
Parfois plus virulent que les officiels, le lectorat voudrait s’ériger en censeur. En avril 1995, l’hebdomadaire satirique burkinabè « Le Journal du Jeudi » publie une caricature évoquant la disgrâce annoncée du Premier ministre de l’époque. Période de Pâques oblige, Roch Marc Christian Kaboré devient Roch Marc « Christ » effectuant son chemin de croix. Quelques jours plus tard, un courrier prend des airs de menace. Son auteur, affublé pourtant du prénom catholique de « Madeleine », conclut son propos par « Ignorez-vous ce qui est arrivé à Salman Rushdie ? » Pas besoin de militaires musclés pour faire frémir un dessinateur impressionnable. Une bigote suffit.
L’exploitation de la même imagerie par un autre dessinateur fait grincer des dents en 2002. Le Camerounais Marius Deffo Soh alias « Desfoussots » représente une presse camerounaise crucifiée. Le président de l’association « Afro-bulles » y voit « un manque de respect pour les religions ». L’œuvre sera disqualifiée d’une exposition devant réunir, à Angoulême des cartoonists du continent noir.
Les tabous ont la vie dure. En 2005, « The African report » s’aperçoit in extremis que représenter Thabo Mbeki et Alpha Omar Konaré en chien aurait provoqué un scandale. Comme avait choqué la représentation canine du président namibien Sam Nujoma en 2002. Les deux chiens de « The African report » deviennent lion et léopard…
Piété, susceptibilité et pudibonderie. En juin 1997, le « Journal du Jeudi » reçoit sa première et dernière mise en garde du Conseil supérieur de l’Information burkinabè : « Une illustration du Journal du Jeudi (…) mettait en exergue des organes génitaux d’un homme. Le Conseil supérieur de l’Information formule sa nette désapprobation ». Le dessin traitait d’une affaire de « magie noire » qui aurait donné le pouvoir à certains hommes de faire disparaître le sexe des personnes à qui ils serraient la main. Il choqua la légendaire pudeur sahélienne. Ou plutôt, officiellement, « la morale publique » évoquée dans l’article 18 et 89 du Code de l’Information.

L’anecdote est rassurante : un peu partout, la censure laisserait place à une régulation salvatrice sur un continent plombé par un lourd passif de conflits civils. La responsabilité des médias africains y a souvent été écrasante, comme lors du génocide rwandais. La caricature, dans son histoire, a montré qu’elle pouvait jeter de l’huile sur le feu du racisme ou de la xénophobie.
Les mécanismes de régulation apparaissent donc à la suite des tragiques années 80 et 90. En Afrique du Sud, par exemple, un ombudsman de presse et une Commission d’appel sont créés en 1997. Pour le caricaturiste du Bénin, du Nigeria ou du Ghana, c’est à la fois un risque de se faire « taper sur les doigts » et une chance de progresser sur le plan déontologique.

Dans quelques pays, la régulation et la cordialité ne ponctuent pas encore les relations entre caricaturistes et pouvoirs en place. En particulier lorsque ces Etats sont en conflit armé.
Les deux guerres imbriquées de Sierra Leone et du Liberia ont été douloureuses pour les dessinateurs de presse. Le caricaturiste libérien Harrison Jiedueh, menacé par les escadrons de la mort du régime de Charles Taylor, a dû fuir son pays au milieu des années 80. En Sierra Leone, c’est le dessinateur Muniru Turay – connu sous le pseudonyme Azzo - qui était assassiné en janvier 1999 par le Revolutionnary United Front, mouvement rebelle soutenu par… le président libérien Taylor. Entre loyalistes et rebelles, l’ennemi est parfois double.
Si ces deux pays anglophones se relèvent peu à peu de leur guerre civile, la République démocratique du Congo sort à peine la tête de l’eau et la Côte d’Ivoire est toujours écartelée entre le nord et le sud.
Dans sa « caricature de lundi » publié dès 1980 dans le quotidien « Salongo », le dessinateur zaïrois Kianda Vibila avançait prudemment, sans caricaturer explicitement le président Mobutu. Depuis les prises de pouvoir de Kabila père et Kabila fils, la tension n’est guère retombée. En 2001, une caricature du président conduisait à l’arrestation du rédacteur en chef de « Pot-Pourri ». A Abidjan, le dessinateur Lassane Zohoré tente d’échapper à l’extrême inféodation des journaux aux partis politiques.
Et lorsque les foyers s’éteignent, la liberté du dessinateur n’est pas toujours acquise. La « vieille » démocratie sénégalaise serait-elle en trompe-l’œil ? Le dessinateur Alphonse Mendy, alias TT Fons, auteur du célèbre personnage « Gorgorloo », affirmait lors des Jeux de la Francophonie Niamey 2005 : « c’est comme si tout est fait pour bloquer l’élan des dessinateurs sénégalais ».

Pour survivre – ou justement ne pas se limiter à survivre - l’avenir de certains dessinateurs africains passe par l’exil. Se constitue alors une diaspora de caricaturistes souvent moins déracinée que celle des musiciens ou plasticiens. Le Nigerian Tayo Fatunla vit au Royaume-Uni depuis 1989 et traita longtemps l’actualité africaine dans « West Africa magazine ». Il insiste : « I have done « bold » cartoons which would never have been published if I was in Nigeria ». Le principal cartoonist togolais, Olivier Koss, et le Nigerian Adewale Adenely résident aux Etats-Unis, Pat Masoni de la République démocratique du Congo, Adjim Danngar du Tchad et Gaby Ngandou du Cameroun vivent en France, le Sud-africain Nanda Sooben vivait au Brésil. L’exil est parfois une quête de débouchés occidentaux, mais il s’agit souvent d’une simple recherche de sécurité. Les dessinateurs peuvent alors rester sur le continent noir. Le Ghanéen Frank Odoi vit au Kenya, le Tchadien Ali Mont-Rose s’est installé au Burkina Faso, comme, pendant quelques années, les frères camerounais Ezzat et Nur El-Dine.

L’exil est parfois « collectif ». « La Griffe» de Michel Ongoundou, publication satirique gabonaise censurée en 1998 puis en 2001, notamment à cause de ses dessins, renaît de ses cendres la même année à Paris. Il est devenu le « Gri-Gri international », parisien mais toujours africain, accueillant dans ses colonnes des dessinateurs résidant parfois toujours sur le continent noir.
Le développement de la caricature africaine est bien sûr tributaire de ces publications chahuteuses et chahutées qui en font un élément essentiel de leur ligne éditoriale : « Gbich ! » (onomatopée qui signifie «coup de poing») en Côte-d'Ivoire, « Le Grognon », « Le Pili-pili » ou « Le Phare » au Zaïre, « le Canard du Golfe » au Bénin, le « J.J. » au Burkina Faso, « le Canard déchaîné » au Niger, « le Lynx » en Guinée-Conakry, le « Cafard libéré » et « Loubji » au Sénégal... Ces titres – en plus de publications clandestines – sont souvent lancées par les dessinateurs eux-mêmes, comme « Le Popoli ». En Afrique plus qu’ailleurs, le cartoonist se mue en patron de presse. Mais ces expériences rencontrent des destins bigarrés.
L’exil pourrait aussi être virtuel dans les années à venir, comme en Afrique de l’Est où Ali Masoud présente ses dessins « rejetés » sur sa page web. Tony Namate envisage d’en faire autant. Les dessins du Nigerian Bisi Ogunbadejo sont déjà visibles sur http://www.foolscap-online.com/Editorial_cartoon/editorial.htm site « dedicated to monitoring Humour Rights violations in Africa ». Mais si le Net est un formidable outil pour contourner les interdits, il se heurte toujours, notamment en Afrique de l’Ouest, à sa faible vulgarisation. Les régimes africains noirs ne maîtrisent pas les « filtres », mais les Internautes noirs ne maîtrisent pas le surf…

Pour ceux qui ne veulent pas s’exiler, il faut parfois accepter l’autocensure. Tony Namate explique : « I have been toning down my cartoons because I have decided I don’t want to be a dead hero ». Parfois, il dessine Robert Mugabe sans visage. Parfois sa signature disparaît. Et quand il ne réfrène pas son ardeur, sa rédaction est là pour le lui rappeler…

Entre parabole et hyperbole, le dessin de presse tente malgré tout de distiller son message. Mais attention, être allusif comporte des risques d’interprétation dangereuse. Quand Popoli dessine Chantal Biya sur un cheval, pour évoquer le Grand-Prix équestre « France-Afrique », la Première dame y voit une allusion à certaines pratiques sexuelles…
Quoi qu’il en soit, peu à peu, pays par pays, de façon allusive ou frontale, la caricature essaie d’imposer son regard décalé. C’est en testant les opinions et les régimes qu’elle repousse progressivement les limites en oxygénant sa liberté. Il aura fallu une nuit d’âpre négociation avec l’imprimeur du Journal du Jeudi, en septembre 1991, pour faire imprimer l’impensable caricature du président Thomas Sankara, mortellement renversé en 1987 par le régime actuel.

L’avenir des caricaturistes passe aussi par la solidarité. On voit ainsi apparaître associations et festivals. Côté associatif, il s’agit de serrer les coudes en cas de problèmes, mais aussi de susciter, dans des pays ou l’édition est peu viable, des œuvres collectives subventionnées par telle ou telle chancellerie : « Coup d’crayon » au Cameroun, « Association sénégalaise des dessinateurs de presse », « Tâche d’encre » en Côte d’Ivoire, « Farafina Culture » en Afrique de l’Ouest, « Atelier Bulles du Chari » au Tchad. Ce dernier collectif, par exemple, a « engendré » la plupart des dessinateurs tchadiens en vue : Samy, Kod, Aboupointu ou encore Adji Moussa.
Côté festival, les rencontres tentent de s’institutionnaliser avec plus ou moins de pérennité : « BD'Farafina » à Bamako, « Cocobulles » à Grand Bassam, « Fescary » à Yaoundé ou « Karika'Fête » à Kinshasa.

En Afrique comme ailleurs, le dessin de presse a un rôle à jouer dans la construction démocratique. Le « cartoon » est d’accès immédiat pour les masses, il fait passer des messages sous couvert de l’humour, il est repris dans les manifestations, commenté dans les bars. Il obtient même la caution universitaire : « Cartoonists hold the status of teachers, teaching the people that most important ingredient of civil disobedience: irony » insiste l’universitaire nigérian Olaniyan Teju.

Damien Glez

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