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Par Guillaume Legueret


Eclipsés par la réussite et la célébrité du Chat Noir, le cabaret des Quat’z’Arts, situé 62 boulevard de Clichy, a été un des cabarets les plus novateurs de Montmartre. Malgré cela, l’établissement reste peu connu de nos jours des non initiés. Mettant en place des revues chantées, reprenant le théâtre d’ombres ou co-organisant les célèbres Vachalcades, l’établissement de François Trombert est sans conteste possible un lieu de création artistique et littéraire de tout premier plan et préfigure à ce titre les « années Lapin Agile » de 1900-1910. Á une période où l’offre des imprimés connaissait un accroissement spectaculaire dû à l’amélioration des techniques, l’urbanisation de la population et un taux d’alphabétisation sans cesse grandissant, quelques gérants de cabarets montmartrois profitèrent de l’engouement du public pour se lancer dans le monde de l’imprimé et s’ouvrir ainsi de nouveaux horizons.

S’appuyant sur la présence d’Émile Goudeau, ancien rédacteur en chef du journal du Chat Noir, François Trombert eut l’idée de créer un journal hebdomadaire illustré éponyme dont l’esprit, l’humour et la dérision serviraient à promouvoir les activités du cabaret.


I/ Le journal Les Quat’z’Arts ou comment un outil littéraire et humoristique se met au service de la promotion des artistes et de Montmartre.


La création et la diffusion d’un journal hebdomadaire, illustré et indépendant.

Ce goût de la dérision et de la satire dont Les Quat’z’Arts se revendique n’est pas nouveau en 1893 puisque depuis la loi sur la liberté de la presse, les kiosques sont envahis par de multiples nouveaux titres. Comme le Chat Noir avant lui, le cabaret des Quat’z’Arts publie son propre journal à l’intérieur duquel les dessins des artistes prennent place chaque semaine. Non content d’innover scéniquement, le cabaret sait aussi reprendre les méthodes qui avaient déjà fait leurs preuves chez les autres. Cette entreprise dans le monde de la presse illustrée ne commence pas dès l’ouverture du cabaret en 1893 mais en novembre 1897. Si l’on voulait comparer Les Quat’z’Arts aux grosses parutions artistiques et humoristiques de l’époque que sont Le Rire ou Le Courrier Français, Les Quat’z’Arts tendrait à se rapprocher de l’esprit de ce dernier en étant à la fois littéraire et illustré. François Trombert n’a pas pour ambition de faire de la concurrence à de tels tirages mais plutôt de préserver et fixer sur papier cet esprit joyeux, irrévérencieux et l’élan artistique qui règne alors à Montmartre. Avec un comité rédactionnel dirigé par Goudeau, le journal se présente comme un recueil d’histoires brèves, d’anecdotes et de chroniques qui ne cessent de scander leur amour de la Butte.

Le titre est illustré par Adolphe Willette et représente les Muses des quatre Arts (peinture, architecture, sculpture et gravure) quittant la rive gauche sous la pluie et traversant la Seine pour se rendre à Montmartre sous le soleil des moulins (Fig.1). L’agencement de ce titre connaît une rapide évolution dès les premières parutions. Sur le tout premier numéro, la moitié de la une laisse place au dessin de Willette tandis que dès la semaine suivante, celui-ci ne représente plus qu’un tiers de cette même une et va jusqu’à disparaître à la quatrième parution. Á partir du quatrième numéro, on trouve un dessin pleine page d’un artiste collaborateur des Quat’z’Arts, en l’occurrence Charles Léandre, et ce jusqu’à la fin de l’existence du journal.


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Fig.1 : Les Quat’z’Arts journal, n°1, 6 novembre 1897 (Bibliothèque Historique de la Ville de Paris).


Gérant leur production eux-mêmes et cultivant leur indépendance, les habitués formant le comité rédactionnel se réunissent le mardi et se chargent non seulement de la fabrication du journal mais aussi de l’impression. La vente a lieu le samedi dans la salle de café du cabaret. Le prix d’un numéro varie sur la période d’existence du journal passant de 15 centimes pour les seize premiers tirages à 10 centimes pour les suivants se plaçant dans la norme des tarifs de son « ancêtre » Le Chat Noir (10 centimes également).

A ce changement de tarif une explication, la réduction du contenu de sept ou huit pages à quatre pages à partir du numéro 17 daté du 20 février 1898. Il est intéressant de constater que le prix des abonnements n’a jamais évolué pas même lors de cette baisse du prix unitaire de 5 centimes, signe qu’il s’agit avant tout d’une entreprise commerciale. Sur ce point encore, rendons la paternité de l’idée des abonnements aux journaux de cabarets à Rodolphe Salis qui, le premier, a lancé un journal de cabaret ainsi que la possibilité de s’y abonner.

La collection complète du journal n’est pas très volumineuse puisque 43 numéros paraissent sur les dix années d’existence. Etant un journal programme, Les Quat’z’Arts ne parait que pendant la saison des spectacles soit du mois d’octobre au mois de juin. La production du journal s’étale sur deux périodes bien distinctes, les trente premiers numéros, qui respectent le qualificatif d’« hebdomadaire », et celle des numéros suivant à la parution plus qu’irrégulière. Du n°1 (6 novembre 1897) au n°30 (29 mai 1898) ne s’écoulent que six mois soit une saison, alors que le n°31 est lui daté de janvier 1900 sans jour précis. Les suivants datent de mars 1901 (n°32), décembre 1902 (n°33) et enfin du lundi 20 avril 1903 (n°34). De 1904 à 1908, la fréquence de publication est la suivante : n°36 du 7 mars 1904, n°37 du 15 novembre 1904, n°38 du 31 décembre 1904, n°39 du 4 février 1905, n°40 du 8 avril 1905, n°41 du 15 octobre 1905, n°42 du 27 janvier 1906 et n°43 du 4 janvier 1908. Sur cette publication très anarchique, personne ne s’explique dans les différentes chroniques du journal, (pas même Émile Goudeau) lorsque le journal reprend plus d’une année et demi après l’arrêt de sa parution. Dans la rubrique des Échos, la rédaction fait part de ses adieux « jusqu’à octobre pour aller respirer un peu hors Paris [1] ». En revanche, dans le contenu du dernier numéro paru le 4 janvier 1908, Léon de Bercy, alors nouveau rédacteur en chef, explique que cet écart de publication est dû au décès d’Émile Goudeau [2]. Après ce numéro, coïncidant avec le départ de François Trombert de la direction du cabaret, une nouvelle publication est lancée, cette fois-ci mensuelle, mais sans connaître le succès d’antan.


La composition et le contenu du journal.

La trame du contenu est assez clairement définie entre plusieurs chroniques, des poèmes, des chansons et extraits de revue ainsi que des dessins. Chaque chronique est généralement écrite par un artiste unique qui se l’approprie et lui donne la tournure souhaitée au fil des semaines. Le chansonnier Vincent Hyspa publie par exemple une chronique sous le nom « École Normale » où il dépeint ses confrères tout en traitant de sujets prêtant facilement au rire tel son portrait du chansonnier. Moins « pince sans rire », la chronique « Souvenirs sans regrets » est tenue par le compositeur Charles de Sivry qui retrace chaque semaine sa vie depuis sa naissance jusqu’à ses succès musicaux aux Quat’z’Arts. Œuvre de divers artistes chaque semaine, la rubrique « Échos de la Butte » relate des évènements importants de la semaine écoulée. Une des premières chroniques s’intéresse aux déboires et la tentative d’enlèvement dont a été victime le gérant du journal, le nain Auguste Tuaillon. Signe de succès après seulement cinq numéros parus, cette « lâche agression » aurait été perpétrée par des ennemis jaloux de la réussite du journal des Quat’z’Arts [3]. Soucieux aussi de voir que le mouvement artistique montmartrois fait son chemin, les auteurs du journal ne manquent pas de signaler l’arrivée en kiosque de nouveaux confrères tel La Fronde et La Sonde, deux journaux féministes dont Les Quat’z’Arts vantent les mérites [4].

Pionnier de la presse illustrée, Émile Goudeau sait que pour faire durer le journal, il doit faire appel à la publicité. La rédaction publie régulièrement les différentes manifestations qui ont lieu au 62 boulevard de Clichy. D’autres maisons comme le Moulin Rouge avec qui les liens étaient très étroits [5] ou le Tabarin, situé 58 rue Pigalle, ont leur nouvelle revue annoncée dans le journal. Au fil des parutions, la réclame a sa place en dernière page que ce soit pour vanter les cabarets voisins mais aussi les grands magasins de la place Clichy dont la présence quasi systématique en dernière page du journal débute à la sixième parution (12 décembre 1897). La publicité ne cesse d’occuper une place de plus en plus importante au sein du journal surtout après les trente premiers numéros. Sur quatre pages il n’y a désormais plus que quelques chansons et poèmes ainsi que de petites illustrations, la moitié du papier étant réservée à la promotion pour produits alcoolisés du type bière, champagne et absinthe, ou pour d’autres lieux de spectacles comme Le Rat Mort, Le Moulin de la Galette ou le Casino de Montmartre.

Bien qu’ayant un contenu bien défini, les rédacteurs du journal n’ont pas de véritable programme et les rubriques peuvent prendre des tournures différentes à chaque parution. Sur cette nécessité d’une ligne stricte, Émile Goudeau écrit son tout premier éditorial du 6 novembre 1897, sorte de manifeste où il s’oppose énergiquement à l’idée de la perte de l’indépendance artistique des montmartrois. Par ce manifeste, il proclame à qui veut l’entendre que toutes les individualités rassemblées sur « le Mont sacré » doivent être fructifiées et surtout rester indépendantes [6]. Garant de ce que les spécialistes du XXè siècle appelleront l’« Avant-garde », Goudeau utilisera toujours les cabarets non pas dans un but lucratif mais pour faire sortir de l’ombre des poètes et des artistes jusqu’ici inconnus du grand public, et surtout d’initier toute une population à la poésie et à l’art.


II/ Les manifestations de l’engagement politique des Quat’z’Arts aux travers de ses chroniques et de ses illustrations.


Indépendant et autonome, le journal va à plusieurs reprises se prononcer sur les événements tant de politique intérieure qu’extérieure. Se refusant de prendre la politique trop au sérieux, l’intérêt fréquent des Quat’z’Arts pour les affaires politiques montre la force du courant anti officiel qu’incarne Montmartre au travers de ses artistes, qu’ils soient écrivains ou dessinateurs. Parler des chroniques d’Émile Goudeau et de ses sentiments sur les faits politiques de ces années sans les rapprocher des illustrations hebdomadaires des dessinateurs ne serait pas cohérent si l’on veut réellement faire ressortir la tendance politique des Quat’z’Arts. D’autant qu’autour de Goudeau gravite une équipe d’illustrateurs chevronnés comme Charles Léandre, Guirand de Scévola, Abel Truchet, Adolphe Willette ou encore Roedel.


L’œil des illustrateurs.

Naissant à la fin de 1893 soit dans la décennie qui suit la publication de La France juive d’Édouard Drumont ainsi que La Libre Parole dirigée par ce même Drumont et le scandale politico-financier de Panama, le cabaret des Quat’z’Arts accueille à sa table autant d’artistes que de partisans des divers courants politiques existants. Montmartre regorge d’artistes mettant leur talent au service d’une cause politique. Ils s’avèrent dans leur grande majorité des « anti » : antimilitaristes, antisémites, antirépublicains, anarchistes ou antichrétiens qui éprouvent une véritable vénération pour les personnalités de la Commune de retour du bagne tel Maxime Lisbonne.

Pouvant faire appel aux maîtres de la caricature et du dessin de presse, le gérant Trombert doit s’engager lui-même en acceptant ou non de donner une tribune à des convictions qui, même si elles rassemblent une partie de sa clientèle, peuvent lui nuire. Il fait le choix de laisser une liberté assez grande aux artistes avec qui il travaille mais sans aller dans l’excès. Faisant appel à Adolphe Willette pour illustrer le titre de son journal, Trombert oublie t-il que l’artiste s’était présenté aux élections législatives de 1889 en tant que candidat antisémite ? A priori non car les positions très affirmées de Willette en 1897 ne sont pas un mystère. Mais alors comment expliquer le fait qu’après cette belle illustration pour le journal, Willette n’ait plus rien produit pour l’hebdomadaire ? Pourtant habitué du lieu et initiateur des Vachalcades et Fête du Déficit, Willette réserve ses compositions pour d’autres journaux plus reconnus comme Le Courrier Français, L’Assiette au beurre et le Rire.

Ainsi, pourrait-on dire que Trombert effectue une sélection parmi les artistes ? Il semble que oui lorsque l’on sait quels artistes participent au journal et ceux qui, bien qu’étant des proches, n’ont jamais eu la moindre page blanche offerte dans le journal. Jean-Louis Forain et Caran d’Ache sont de ceux-là. Artistes au plus haut de leur création artistique durant l’Affaire Dreyfus, Forain et Caran d’Ache mettent leur talent au service de l’antidreyfusisme en créant avec l’aide de Degas et de Maurice Barrès, leur propre journal illustré, Psst…! , brûlot antisémite. Il est par conséquent impossible pour un établissement de spectacle et de divertissement comme le cabaret des Quat’z’Arts de donner une page à Forain ou Caran d’Ache, de peur d’un clivage dans le public, même si les amitiés entre tous ces hommes sont bien réelles.


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Fig.2 : Charles Léandre par Guirand de Scévola, Les Quat’z’Arts journal, n°19, 13 mars 1898 (BHVP).


A l’inverse, le dessinateur « quat’z’aresque » par excellence est Charles Léandre (Fig.2). En une trentaine d’années où il offre ses talents à la presse illustrée, Léandre produit plus de 230 couvertures pour Le Journal, L’Illustration, Le Courrier Français, L’Assiette au beurre, Le Rire et Les Quat’z’Arts. Porté par son talent, Léandre croque ses contemporains au vitriol sans discrimination (Fig.3). Pour le journal des Quat’z’Arts, Léandre est celui qui, avec Guirand de Scévola, compose le plus de dessins [7].


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Fig.3 : Guirand de Scévola par Charles Léandre, Les Quat’z’Arts journal, n°20, 20 mars 1898 (BVHP).


Sur la collection complète du journal, les illustrations politiques ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble des dessins parus dans les pages du périodique. N’oubliant pas que sa fonction principale est de mettre en avant les artistes montmartrois et de rendre compte des problèmes de société, le journal Les Quat’z’Arts sert avant tout la propre « propagande » du cabaret. En ce sens, l’essentiel de la production illustrée du journal est constituée de portraits d’artistes fréquentant l’établissement, qu’ils soient peintres, chansonniers ou écrivains comme Goudeau (Fig.4).


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Fig.4 : Charles Léandre, « Émile Goudeau », Les Quat’z’Arts journal, n°25, 24 avril 1898 (BHVP).


L’engagement écrit du journal sous la plume de Goudeau.

S’appropriant chaque semaine la première page, Goudeau donne d’entrée le ton de l’exemplaire hebdomadaire. Ses chroniques sont incomparables à toutes autres tant pour l’espace que pour l’engagement du propos. Goudeau sait manier peut-être mieux que quiconque la langue satirique pour faire passer son message. Certaines de ces chroniques ne sont que d’un faible intérêt historique tant elles jouent sur le strict humour tandis que d’autres, qui étrillent la vie politique française, sont au contraire très riches. Dans une chronique datée du 2 janvier 1898 [8], Goudeau rend compte de la nomination du nouveau gouverneur de la Banque de France et ce pour une raison bien précise : le précédent, un certain M. Magnin, avait la particularité d’être Montmartrois. Hormis la finance, la colonisation des pays sous développés ou la surproduction sont d’autres thèmes de chroniques où Goudeau exprime comme la plupart des gens de Montmartre son refus du capitalisme et de l’exploitation par la France de pays comme la Chine [9]. Mais les chroniques les plus intéressantes s’inscrivent dans le foisonnement d’articles de presse retraçant le procès de Dreyfus et l’engagement d’Émile Zola dans l’affaire, car c’est surtout de l’écrivain français qu’il s’agit lorsque le journal évoque l’Affaire.

Essentiellement antidreyfusards, les cabarets montmartrois et les Quat’z’Arts se montrent productifs lorsqu’il s’agit d’attaquer Émile Zola. Jamais dans le XIXè siècle un écrivain n’a suscité autant d’articles ou de dessins de polémiques que Zola (Fig.5). Émile Goudeau lui consacre deux chroniques conséquentes, le 23 janvier 1898 (n°12) et le 27 février 1898 (n°17) sur une pleine page. Par la suite, plusieurs artistes forciront le trait en participant à cette charge contre Zola, tout partant du « J’accuse » et de la pétition de Zola lancée dans les milieux intellectuels relayés par le journal L’Aurore et son directeur Georges Clemenceau, le 13 janvier 1898. Quelques jours seulement sont nécessaires aux journaux illustrés pour engager contre Zola une campagne des plus violentes. La Libre Parole ou Psst… ! de Forain et Caran d’Ache se montrent les plus réactifs. Jean Louis Forain et Caran d’Ache déclarent à ce propos dans une interview accordée à La Patrie le lendemain de la sortie du premier numéro de leur journal qu’ils sont unis pour « combattre la vérité ». Ils font ainsi référence au tout premier article publié par Zola pour la défense de Dreyfus dans Le Figaro du 25 novembre 1897 où l’homme de lettres avait écrit : « la vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera [10]».


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[1] Les Quat’z’Arts journal, n°30, 29 mai 1898, p.1-3.

[2] Les Quat’z’Arts journal, n°43, 4 janvier 1908, p.3.

[3] Les Quat’z’Arts journal, n°5, 5 décembre 1897, p.4.

[4] Les Quat’z’Arts journal, n°8, 26 décembre 1897, p.8. « L’idée féministe fait son chemin. Elle ira loin, plus loin qu’on ne pense. Elle vient de gagner Montmartre. Prenons garde. A peine la jeune Fronde, ce porte drapeau du parti, a-t-elle fait aux hommes sa déclaration…de principes, qu’un jeune émule s’apprête à entrer en lice. La Sonde, titre du nouveau journal, se fabriquera au Restaurant de Tabarin. Souhaitons un bon tirage à notre nouveau confrère ».

[5] Le cabaret des Quat’z’Arts organisa avec le Moulin Rouge la Vachalcade en 1896 et 1897 ainsi que la fête du Déficit en 1897.

[6] Les Quat’z’Arts journal, n°1, 6 novembre 1897, p.1-2.

[7] Sur les 30 premiers numéros, la production des illustrateurs se défini comme suit : Charles Léandre aura fait 12 dessins dont 9 prirent place sur la couverture, Guirand de Scévola en fît 15 dont 12 en couverture, Adolphe Willette en plus de la toute première illustration fît la couverture du numéro consacré à la Fête du Déficit et Roedel fît 6 dessins qui prirent toujours place en milieu de journal sur 1/3 de page environ, venant comme une pause entre les chroniques et les diverses chansons et autres récits.

[8] Les Quat’z’Arts journal, 2 janvier 1898, n°9, p.1.

[9] Les Quat’z’Arts journal, 9 janvier, n°10, p.1. « Il y a partout en Europe une évidente surproduction. Ainsi on fabrique plus de pantalons qu’il n’y a de jambes, et plus d’aiguilles qu’il n’en faut pour coudre des pantalons. Quand les européens ont vu qu’ils ne pouvaient pas consommer tous les pantalons que cousaient leurs innombrables aiguilles, ils ont mis les aiguilles de superfétation dans des fusils et sont partis pour l’Afrique centrale, où d’innombrables peuplades allaient cul nu afin d’écouler sur ces cuisses incultes les pantalons laissées pour compte. […] On songea à cette Chine ou quatre cent millions d’individu grouillent, proie facile pour le commerce européen ».

[10] N.L Kleeblatt, « L’image d’Émile Zola dans le journal Psst… ! pendant les années de l’Affaire Dreyfus » (p.179-184), Les Cahiers Naturalistes, n°66, 1992.


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