je dirais que je n’ai jamais fait de dessin comme à Charlie Hebdo où les cartoonistes dessinent pour leurs copains. Moi, j’essaie de parler à toute la population. Et pour cela, je dis toujours que je tente de retrouver le beauf qui sommeille en moi, de me reconnecter à l’idiot que je suis, pour m’élever au-dessus de moi-même, par la prise de conscience de mes (et de nos) travers.

Pour les 40 ans de carrière à La Tribune de Genève, article (lu sur TDG.CH) interview sur le dessinateur Herrmann : 

Mieux vaut avoir un grand nez qu’un petit esprit, mais au 11, rue des Rois, la rédaction de la «Tribune de Genève» peut se targuer d’avoir un spécimen grand partout comme il faut en la personne de Herrmann. À son poste de cartooniste, ce dernier croque le meilleur (et le pire) de l’actualité depuis bientôt trente ans. Avant cela, ses premières armes se sont faites au «Courrier», puis à la «Liberté». Quarante ans de carrière au total, célébrés dans un nouveau livre paru il y a peu. «Dernier album avant l’IA», soit une grande sélection de ses meilleurs croquis au fil du temps.

Gérald Herrmann démarre sa carrière de dessinateur de presse dans une période qui va devenir l’âge d’or du dessin de presse en Suisse romande. Ses contemporains sont notamment Leiter, Burki, Barrigue, Chappatte ou encore Mix & Remix. Quand les journaux privilégiaient jusqu’alors l’information au divertissement, l’irruption de cette génération spontanée va susciter des rires qui dépasseront les frontières de la Romandie et de la Suisse.

Herrmann se montre assez tôt plus doué que son grand frère au dessin; il en fera donc son métier. Même si, avoue-t-il, sa main «n’a jamais été à la hauteur de ses projections mentales». Une maladresse qui ne l’empêche pas de faire du volleyball et de remporter les tournois hautement compétitifs de baby-foot lors des fêtes de la «Tribune».

Les dessins de Herrmann s’inscrivent dans l’école de la ligne claire, en digne fan d’Hergé. Impertinent mais jamais moraliste, notre dessinateur a le nez fin quand il s’agit de flairer les sujets susceptibles de faire des bons croquis.

Aujourd’hui, le voir arriver vers nos bureaux, sérieux comme un pape, cinq ou six croquis en main, afin de nous faire voter pour notre dessin préféré, nous donne un honneur particulier. Celui de pouvoir rire en exclusivité quelques heures avant la parution des dessins. Un rire résolument partagé le lendemain par les autres lecteurs du quotidien.

«J’ai eu la liberté de tout dire»

Des grandes thématiques qui nous permettent, pourquoi pas, de faire un petit point sur la question avec l’intéressé, qui se retrouve aujourd’hui de l’autre côté du miroir. Chacun son tour, Herrmann, et pas de pitié!

Après toutes ces années, quel est votre meilleur dessin?

Celui qui a eu le plus de poids date du 6 décembre 1992, juste après le rejet de la population sur l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen. Ce n’était pas mon meilleur, mais c’est celui qui a engendré le plus grand nombre de réactions, des dizaines de lettres. Je n’ai jamais vécu un vote aussi passionnel, tant au niveau professionnel que dans ma vie de citoyen. Mon camp avait perdu, et ce dessin est parvenu à consoler les perdants par l’humour, à les faire triompher de manière imaginaire.

En l’occurrence, l’histoire m’a donné tort… quoique, lorsque l’on voit le niveau de droit de douane que Trump réserve aujourd’hui à la Suisse, il y a de quoi se poser des questions.

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Tag(s) : #Interviews, #Dessinateurs Caricaturistes
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