Louis Mourier, alias Marix, était un dessinateur satirique et caricaturiste de presse des années 1920-1940. Né le 4 juillet 1885 à Perrecy-les-Forges (Saône-et-Loire) et mort en déportation le 25 février 1945 à Sachsenhausen (Allemagne), il laisse une empreinte significative dans le monde de l’art et de la satire en France.
Son père, artisan ébéniste, meurt alors que Louis n’a que 9 ans. Après ce drame qui plonge la famille dans la difficulté, Louis quitte l’école et devient charretier pour aider sa mère à subvenir aux besoins du foyer familial. Il dira plus tard qu'il a ainsi « commencé à charrier les gens »...
Il apprend les rudiments du dessin chez le père Beaujard, un peintre du village voisin, Génelard, et s’amusera à dire plus tard : « J’ai fait l’école des Beaujard ! », affirmant ironiquement qu’il est autodidacte, là où d'autres ont été inscrits dans des écoles de dessin académiques.
À l’âge de dix-huit ans, il devient ébéniste à Paris et commence à fréquenter les milieux anarchistes. Puis, il voyage à Londres, Liverpool et Édimbourg pour parfaire sa formation d’ébénisterie d’art, où il assiste aux premiers meetings aériens en les croquant. Ces meetings lui inspireront une série de dessins d’engins visionnaires.
Marié en avril 1914 et mobilisé dès le mois d’août, il est capturé en septembre de la même année, à l’issue d’une bataille au cours de laquelle son régiment est en grande partie décimé. Il est interné pendant plus de quatre ans dans cinq camps de prisonniers de guerre en Allemagne, jusqu'à la toute fin de l'année 1918. Il y réalise clandestinement de nombreuses caricatures et scènes de la vie des camps.
À sa libération, dès 1919, ses dessins réalisés en captivité sont publiés dans un cahier, « Derrière les barbelés, scènes de vie des prisonniers de guerre », illustrant un texte de Joë Belot. Puis, quelques années après, en 1932, il relate dans un récit personnel, sensible et satirique sa condition de prisonnier de guerre : « Les Chevaliers de la Crosse en l’air » (il ne se retrouve pas dans le texte nationaliste de Joë Belot qui enferme ses dessins).
Durant sa vie, Marix collabore activement au journal Le Libertaire entre 1923 et 1924 où il relaie le peintre André Claudot. Ses dessins politiques sont également publiés dans d’autres journaux tels que L’Humanité, La Caserne, La Lutte antireligieuse et sociale, et La Gueule noire. Ce dernier, diffusé dans le bassin minier de Montceau-les-Mines, est un journal satirique et anticlérical qu’il crée en 1924 avec deux amis et qui paraîtra jusqu’en 1937. La Gueule noire était à la Bourgogne ce que le Canard Enchaîné était au pays.
 

Pendant l’Occupation, Marix prend part à la Résistance ; la Gestapo l’arrête à son domicile parisien le 22 février 1943 en compagnie de son épouse Joséphine. Il est d’abord interné au camp de Sonnenburg en Pologne, puis à Buchenwald. Transféré le 26 novembre 1944 au camp de Sachsenhausen pour intégrer le Kommando Heinkel, il y décède le 25 février 1945, probablement fusillé à l'approche des troupes russes de libération. Joséphine, quant à elle, disparaît à Ravensbrück au second semestre 1944.
L’héritage artistique et l’engagement de Marix en font un personnage mémorable ; une place de Perrecy-les-Forges porte aujourd’hui son nom en son honneur. Avec le projet « Suivez Marix ! », l’association L’Imagerie s’est engagée sur les traces de cet illustre personnage pour documenter et faire connaître son œuvre au grand public. Cette association est aujourd’hui composée de huit de ses arrière-petits-neveux et nièces, membres de la famille Mourier. Cette équipe, dite « les Marix », ambitionne de faire connaître cette œuvre au grand public.
Pour la commémoration du 80e anniversaire de sa mort en déportation, l'Imagerie a réalisé une exposition rétrospective de l'œuvre et de la vie de Marix, du 8 au 11 mai 2025, à ciel ouvert, dans les rues de Perrecy-les-Forges. Plus d’une centaine d’affiches reprenant ses dessins et des informations sur sa vie ont ainsi été collées sur une quarantaine de panneaux électoraux installés dans le village. Une bière « Marix » a été dévoilée à cette occasion par la Brasserie du Prieuré de Perrecy-les-Forges !
Le livre Les Chevaliers de la Crosse en l’Air a été réédité à cette occasion par les Éditions de la Bourbince et l’Imagerie. Cette réédition est augmentée d'une cinquantaine de ses dessins réalisés entre 1914 et 1918.
Toute sa vie, Marix n’aura eu de cesse de dénoncer le nationalisme et la montée de l’extrême droite en France et en Europe. Ses dessins politiques sont d’une actualité glaçante, tant ils résonnent avec notre époque contemporaine.
Bien que polysémique (outre ses dessins politiques, il réalisera également de nombreux dessins d’illustration et des commandes publicitaires), son œuvre n’a jamais été rassemblée et documentée ; elle est très peu présente dans les institutions, hormis six planches en couleur à la BNF. C’est précisément le projet de l’Imagerie aujourd’hui. Il est probable que le radicalisme de Marix n'a pas aidé à une diffusion plus large de son œuvre de son vivant.

Nos projets actuels :

Nous venons de publier une série de 37 panneaux permettant de faire tourner l’exposition « Suivez Marix ! ». Nous proposons également des conférences autour de l’univers de Marix, pouvant s'adosser à un projet d'exposition.
Nous serons ainsi exposés durant la semaine « Mémoires et Résistances » organisée par l’Association des Amis de la Mémoire de la Déportation de l’Isère, à Seyssins, du 2 au 6 mars 2026. Nous y donnerons une conférence intitulée « La résilience dans le dessin », autour des dessins de captivité de Marix, le jeudi 5 mars 2026 à 18 h 30.
Plus de détails sur suivez-marix.fr
Acheter les produits en vente sur ce site aide à soutenir la démarche de l'Association L'Imagerie pour faire connaître Marix.

La librairie de l'Imagerie permet d'acquérir deux ouvrages (les Chevaliers de la CEA pour 22€ et le catalogue de l'expo pour 18€ + frais de port) : c'est ici BOUTIQUE | Marix

NB : les membres de l'association sont Lou Delva (présidente), Pierre Delva, Florence Delva, Franck Mourier, Véronique Mourier, Géraldine Miermont et Jean-Louis Ducerf.

Tag(s) : #Dessinateurs Caricaturistes, #News, #Conservation et valorisation
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