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Le dessinateur de presse Patrick Chappatte co-signe l'ouvrage «Censure en Amérique» avec son homologue américaine Ann Telnaes. Le livre propose un dialogue entre les deux artistes et alerte sur la disparition progressive de la liberté d'expression sous l'ère Trump. Rencontre. (Interview réalisée Valérie Passello)

Un dessinateur, on a toujours l'impression que ça travaille un peu dans son coin, mais là, vous signez ce livre à quatre mains. Comment s'est passée cette rencontre?
Patrick Chappatte : En fait, Ann Telnaes, c'est une grande dame du dessin de presse américain. Et je suis très content de la présenter au public francophone à travers ce bouquin. C'est vrai qu'on est chacun dans notre coin, surtout elle aux États-Unis, moi en Europe, à Genève. C'est le propre du métier. C'est un métier assez solitaire, mais on se connaît.
Elle a été, pendant un moment, à la tête de l 'Association des dessinateurs de presse américains. Elle m 'a fait entrer dans le «board». Et ensemble, on a le même souci de défendre non seulement le métier de dessinateur de presse, mais plus largement la liberté d 'expression.
On a une fondation qui s'appelle «Freedom Cartoonists» à Genève, que je préside et qui poursuit cette même mission. Ann Telnaes est membre aussi du board de notre fondation. Voilà, donc on est en contact depuis longtemps.Est arrivé un événement en janvier dernier, janvier 2025: elle a démissionné du Washington Post, journal pour lequel elle travaillait depuis 17 ans. Elle a démissionné pour une esquisse de dessin qui a été refusé. Ça, ça a été un moment très fort.
On l'a défendue. On l'a fait venir à Genève. Mais elle, elle a marqué un geste de principe. Elle a voulu dire au Washington Post qu'on ne peut plus faire ce qu'on veut. Elle est venue à Genève en juin 2025 et on a commencé une conversation qui se poursuit dans le bouquin.

Ce dessin en question, il concerne bien sûr Donald Trump...
Il concerne Donald Trump et Jeff Bezos, le lien entre les deux. On voit les barons de la technologie, Mark Zuckerberg, Sam Altman, on voit le propriétaire du Los Angeles Times, on voit Jeff Bezos qui présente des paquets d 'argent à cet énorme personnage de Trump qu'on reconnaît à son ventre et sa cravate pendante. Et Jeff Bezos se trouve être aussi, outre le milliardaire surpuissant qu'on connaît, le propriétaire du Washington Post.

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Tag(s) : #Interviews, #News
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